LE RETOUR DE FANTOMAS

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LE RETOUR DE FANTOMAS

 

J'aime bien les archétypes... Avec une petite préférence pour l'infâme Blofeld, le chef du « Spectre » dans James Bond. Même si l'abominable terroriste n'est pas officiellement catégorisé dans le répertoire « méchants juifs* », on devine sans peine l'appartenance du monstre dément au monde des « pas très catholiques » cher à Georges Frêche.

L'agoniste hexagonal de Blofeld, c'est Fantômas, avec un accent circonflexe, le méchant qui, tel Ben Laden, ne meurt jamais, ou renaît immanquablement de ses cendres. Je ne doute d'ailleurs pas de la résurrection prochaine du frère d'armes du mollah crustacé. De toutes façons, comme il était mort cinq ans avant son exécution (?), ça ne devrait pas poser trop de problèmes.

 

Ceci dit, les américains n'ont pas le monopole des ennemis de l'humanité. Certes, ils ont Blofeld et Ben Laden. Mais nous, nous avons Fantômas et Servier. Juste une petite critique. Le nom. Personnellement, j'aurais opté pour Servierstein, ou Servierbaumstein. A l'extrême rigueur, Servierenescu Nagy Bocsa, ou un truc du genre, vu que le tsigane roumain s'est substitué au juif, depuis peu, à l'instigation de notre masochiste président, dans l'imaginaire populaire.

A part ça, le nouveau Fantômas a tout pour plaire. Il est très vieux, comme Papon avant son trépas, très laid, comme le monsieur Burns des Simpson, très malhonnête, comme Roselyne Bachelot, et d'une mauvaise foi réellement impressionnante comme Michelle Alliot Marie.

Tu vois apparaître Servier dans un  film de fiction, tu devines sans peine dès le premier regard que c'est le mauvais. Il y a des gens comme ça. Crozemarie, Pasqua, Petiot, ou Garetta. A se demander comment ils ont fait pour ne pas se faire poirer dès le début du film.

Permettez moi cependant d'émettre une petite critique concernant le scénario. Je n'aurais pas pris un médicament pour gros. Les gros sont laids, voire répugnants. On a du mal à s'identifier à la victime. J'aurais nettement préféré un médicament pour enfants cancéreux. Beaucoup plus fédérateur. Ou, mieux, un truc sensé accélérer la croissance, totalement inefficace, mais provoquant la maladie de la vache folle....Ah, c'était déjà pris ? Au temps pour moi. Désolé. J'ignorais. Juré ! Eh ! Y a pas marqué PPDA !

Mais, sinon, bien. Le personnage est mégalo à souhait, exhaustivement tyrannique et manipulateur. Il fiche ses employés, les fait espionner par ses gros bras, il a érigé la délation en règle d'or, et l'on devine sans peine qu'il a du faire exécuter dans le passé les honnêtes et scrupuleux syndicalistes écolos qui voulaient dénoncer les empoisonnements d'enfants.

Je rajouterais bien une décharge sauvage de produits hyper toxiques, et deux ou trois mafieux liés à l'UMP (ou à Pépé Guérini) pour convoyer les déchets, histoire « d'élargir la cible ». C'est un terme marketing. Mon ancien travail. Très intéressant. Un peu moins que l'empoisonnement des obèses, mais tout de même moins risqué.

En attendant, il ne va pas tarder à avoir chaud aux fesses, Fantômastein.  Tout le monde a deviné que Jean Marais (tout court. Pas : « Le Pine ». Jean Marais Le Pine, c'est Cocteau), que Jean Marais, disais-je, ne va pas tarder à le coincer au sommet de la tour du château et le balancer dans la douve d'un coup de fleuret parfaitement ajusté.

Bien sûr, on ne retrouvera pas son cadavre. Pas question de pourrir la suite : « Servier 2, le retour », dont, en avant première, voici le résumé :

Après avoir miraculeusement survécu à une chute de 23 mètres et à un transpercement radical de la cage thoracique, l'infâme docteur Servier, réfugié en Corée du Nord, est parvenu à monter un nouveau laboratoire. En dépit des faibles moyens offerts par Kim Jong Il et Ben Laden, ses deux complices, il a mis au point un dérivé de la cocaïne 100 fois plus addictant que le crack. Alors que cette drogue maudite, le Médiator II, a déjà fait d'épouvantables ravages (parmi les enfants), le MI6 décide de confier l'affaire à Jean Marais 007, son meilleur agent de police. (My name is Marais, Jean   Marais)

A l'issue de multiples péripéties, qu'il est trop tôt pour dévoiler, Jean Marais 007 et sa compagne occasionnelle la belle Nafissatou, parviendront enfin à détruire le repaire du vieillard terroriste. Malheureusement, Servierstein et Ben Laden parviendront à s'échapper en mobylette et à rejoindre les zones tribales du Pakistan. Ok, ça fait une trotte, surtout en mob. Mais bon. C'est une Motobécane bleue parfaitement restaurée. Et la courroie du variateur est neuve.

Désolé, pas moyen de placer DSK dans le scénario. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais, la cohérence avant tout, comme dirait Kadhafi, qui apparaîtra d'ailleurs brièvement dans « Servier 3. L'assaut final ». Pas dans son propre rôle. Dans celui de Blofeld.

* "Méchant juif". Vous n'avez sans doute pas connu ça. Mais ne vous imaginez pas que l'antisémitisme a disparu après la guerre. Toute mon enfance a été bercée par le mythe du "peuple maudit", qui avait" bien mérité les persécutions dont il était victime". Quant aux roms, ils étaient alors aussi bien traîtés qu'aujourd'hui. Et je ne vous parle même pas des arabes, qu'on retrouvait par dizaines chaque jour, pendant la guerre d'algérie, flottant sur les eaux du canal Saint Martin. C'était sa principale qualité, à Papon: La régularité. Who said Beurk?

 


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Auteur de cet article : F. Premier

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