Qui sont les « altermondialistes » ?

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Au cours des dernières années, un mouvement d’opinion, d’abord diffus et nébuleux, s’est peu à peu structuré. Les militants qui l’animent ont, maintenant, un nom : les altermondialistes. Or, si ce terme exprime, de façon relativement claire, le souhait d’un « autre monde », il ne dit rien des motivations de ces citoyens, de plus en plus nombreux à s’enrôler sous cette bannière. Le point commun essentiel, et parfois le seul, qui réunit les altermondialistes, réside dans la contestation, souvent virulente, parfois violente, de la globalisation. C’est à dire dans le refus de l’application généralisée des principes de l’économie de marché à tous les secteurs de l’activité humaine. Mais cette « marchandisation de la société », ils ne la refusent pas tous pour les mêmes raisons… Tout à fait logiquement, les militants des anciens partis communistes et de la gauche révolutionnaire (maoïstes et trotskistes) constituent un contingent particulièrement actif. Après le choc brutal de la désagrégation du bloc soviétique, que la plupart n’avaient pas pressenti et que peu ont compris, ils se sont trouvés désemparés, orphelins d’une cause qu’ils croyaient juste et promise au triomphe planétaire… Parce que l’altermondialisme s’oppose aux excès du système capitaliste, ils y trouvent une légitimation de leur lutte passée et une occasion de réactualiser leur idéologie. L’ultra-gauche, représentée notamment par les anarchistes, les « Provos » et les tenants de la « contre-culture » (aux USA), y poursuit, elle aussi, un combat ancien : celui qui l’oppose à certaines structures sociales (patronnat, Etat, police, armée…). C’est dans ces premiers groupes que se recrutent généralement les militants les plus agressifs, ceux qui, lors des différents sommets des grandes organisations internationales (Organisation Mondiale du Commerce, G8, FMI, Banque Mondiale…) n’hésitent pas à affronter les forces de l’ordre et à se transformer en « casseurs », quand d’autres cherchent des modes pacifiques, et souvent originaux, d’expression. Les partis politiques réformateurs ne sont, pour l’instant, que peu représentés. Du moins en tant que tels. Les socialistes, en Europe, et les démocrates, aux USA, sont jugés sévèrement : leurs actions, lors de leurs passages au pouvoir, ont, estiment les altermondialistes, accélèré la mondialisation. Cependant, si ces partis restent discrets, leurs militants sont de plus en plus nombreux à s’associer au mouvement et leurs dirigeants s’en rapprochent… Les syndicats, en revanche, ont très vite compris l’importance de cette contestation et y poursuivent, à une échelle globale, la protection des salariés et des travailleurs. José Bové, qui est élevé au rang d’icône de l’altermondialisme, est d’ailleurs issu d’un syndicat agricole… Mais, ce qui fait, sans doute, l’originalité de ce mouvement, c’est la convergence qu’il provoque entre des intérêts aussi différents que ceux des militants de la lutte contre le Sida, des mouvements autonomistes européens ou indépendantistes du Tiers-Monde, des artistes ou d’associations culturelles, des défenseurs des droits de l’Homme, des producteurs de spécialités du terroir, des aborigènes d’Australie et des tribus de l’Amazonie, des homosexuels, des chômeurs ou exclus sociaux, des guerrilleros du Chiapas (Mexique), des agriculteurs européens, des producteurs de matières premières agricoles et minières en Afrique ou en Amérique du Sud, des universitaires et des enseignants, des professionnels de la santé, des écologistes, des féministes, des retraités, etc.. En bref, de tous ceux qui, à un titre ou un autre, entendent défendre un particularisme et veulent situer leur activité, ou leur situation, à l’écart de la libéralisation prônée par l’OMC. Ce fut, pendant longtemps, la faiblesse de ce mouvement, dont la lisibilité restait floue, du fait de la diversité des messages exprimés par tous ces groupes. C’est peut-être aussi ce qui est en train d’en faire la force : ils sont de plus en plus nombreux à s’y retrouver et les partis politiques traditionnels sentent bien qu’au-delà de leur légitimité institutionnelle, une force, de plus en plus considérable, dynamique et ouverte est en train de se créer et de leur échapper. Leurs efforts pour s’y associer (ou, du moins, pour ne pas s’en dissocier), lors du récent « Forum social européen » de Paris, indiquent que les thèses altermondialistes vont, dans les mois à venir, faire leur entrée dans les programmes politiques…y compris dans les plateformes des partis qui, il y a peu, les traitaient avec une ironie méprisante. Chronique publiée par L’Express
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Mis à jour ( Mardi, 11 Novembre 2008 10:21 )  

Laurent Dubourg a rejoint la communauté des auteurs de jesuisecrivain.com le Vendredi, 17 Octobre 2008.

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