Me voici soudain foudroyé. La douleur me mord, sans crier gare.
Cela faisait pourtant plusieurs jours que je ne pensais plus à toi.
Et puis, voilà. De nouveau, c'est là. Comme une rechute de paludisme.
Je ne sais plus à quel saint me vouer. Mon regard erre partout. Sans voir.
Mon coeur est si lourd qu'il me plombe. Envie de sangloter, de cogner. Le désespoir qui me terrasse. La rage qui me fait serrer les dents. Le monde est trop vide...Trop vide !
Je sais que tu m'en veux à mort.
Je sais que tu ne veux plus me voir.
Mais je sais aussi, et cela, avec mes tripes, que tu penses à moi; que tu continues de penser à moi et à ce qui nous a unis.
Si je pouvais te faire savoir à quel point mon coeur t'appartient !
Ne sais-tu donc pas que, si tu me le demandais, je me jetterais dans la Seine ?
Une force irrépressible m'attache à toi. Tu me ligotes.
Comment oublier les longs regards si complices que nous échangions ? Comment oublier, un instant, tes yeux de pharaonne blessée ?
Je te pardonne tout. Tes colères, ta cruauté; tout cela n'est rien.
Je t'ai fait mal, tu m'as fait mal - c'est la dure loi de l'amour; de l'exacerbation d'amour.
Ces mots sont là, et je m'en sers pour te dire que je t'aimais. Je te sais capable de jeter cette lettre à la poubelle, mais je prends le risque.
Ô mon orageuse, je t'ai dans la peau sans même t'avoir touchée.
Je t'aime...à en frissonner.
Je t'aime...de tout mon être. C'est plus fort que moi.
Je n'arrive pas à oublier l'intensité de ta présence.
Je remonte la foule, le lourd remous d'air, et j'ai envie de crier à l'aide.
Mais nul ne peut rien pour moi.
Nul ne peut rien contre la force de cette soif.
Il n'y a que toi. Dans l'univers. Tout le reste est inexistant.
Je me fous de m'être trompé. Je me fous de courir à ma perte.
Ton rejet n'y changera rien, vois-tu...Je serais toujours là pour toi.
Je continue à t'offrir tout, à déposer tout à tes pieds : disponibilité, patience, acceptation...oui, c'est cela.
Acceptation. Ainsi soit-il.









