Une cigarette dans le coeur

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Comme si ton coeur étouffait, tu sais, comme si quelqu'un l'étranglait. Non, pire, comme si quelqu'un sans coeur l'étranglait. Il ne saurait pas ce que ça fait, puisqu'il serait sans coeur. Et bien je ressens cette douleur. Parfois, elle est plus insidieuse, plus aigue et elle se plante dans ma poitrine comme une aiguille à tricoter s'enfoncerait dans ma chaire à un endroit précis où la douleur se ferait plus intense. Tu saisis ce que j'explique? Je me sens comme accablée alors que je n'ai pas vécu un moment traumatisant, je me sens attristée comme si on m'avait délaissé, abandonné, jeté sur la voie publique comme un paquet de cigarettes vide.

Tu veux une cigarette? Je n'arrête pas de fumer, j'ai l'impression que ça m'aide à réfléchir, tu sais, comme si chaque bouffée inspirée déclenchait une nouvelle réponse à une des milliers de questions que je me pose. Bref, je reviens au sujet premier. Si je pouvais te faire toucher cette douleur, je te ferais caresser un tapis de clous, fins, tellement fins qu'on ne distingue pas au premier abord qu'ils pourraient faire mal et puis tu passes doucement ta main, ça chatouille, puis d'un geste plus vif, ils te strient la main et plus tu t'énerves et plus ils s'enfoncent dans ton épiderme. Entre les doigts, c'est là le plus douloureux. Alors figure toi que ma douleur c'est des clous qui te couperaient entre les doigts. Tu sens comme ça peut faire mal?

Ensuite, je me laisse emporter par le souvenir, enlacée par un passé proche puis de plus en plus lointain, dans ma tête je flâne entre il y a un mois et il y a dix ans. Je me rappelle, j'essaie de revivre ces moments qui eux m'ont tellement fait de bien qu'y repenser me berce d'une mélancolie pleine de tendresse Si agréable. Et puis j'ouvre les yeux, au sens propre comme au sens figuré, et je regarde le présent et je passe ma main sur mon coeur qui se serre. J'essaie d'éviter cette fatigue lassante qui m'étreind mais je ne pense qu'au moment où...

Je pleure. Ca y est. Je m'en doutais, je suis incapable de me retenir. Dans ces situations là, je ne peux me retenir de manger, pleurer et fumer. Alors parfois, je les mélange. Pleurer et fumer. Pleurer et manger. Manger et fumer. Là au moment où je te parle, je me sens plus légère. J'ai l'impression d'avoir récupéré un bout de mon coeur en miettes, mais ton silence est assez pesant. J'aimerais que tu me donnes ton opinion, que tu réagisses même vivement.

En fait, je me rends compte que j'aime faire réagir les gens que j'aime pour avoir la preuve, en retour, qu'ils m'aiment et ne m'abandonnent pas. Je ne sais pas si faire une photo de mon coeur brisé et te l'envoyer par la poste changerait les choses. Je ne sais pas si te crier, te hurler, te murmurer ou te pleurer ma douleur, ma petite douleur, te ferait revenir en courant mais je me sens tellement plus libre après avoir écrit. Comme si j'étalais ma peine sur des kilomètres de papier, comme si ma peine défilait sur ses petite touches, mes doigts glissent et dansent sur ce clavier et plus je les sens se cogner aux touches, plus ma peine se répend dans mes lignes, et j'ai l'impression de la vider de mon coeur.

Mon coeur ressemble à une serpillère gorgée d'eau, sauf qu'il s'est gorgé de tristesse et je l'essore comme je peux en débitant ses mots, ses phrases qui peut-être ne toucheront personne et sûrement pas toi.

Toi qui a souillé mon coeur, toi qui, comme les précédents a brisé ma confiance toujours donnée aveuglément, toi qui lâchement t'en es allé sans te retourner vers moi. Sans un mot, un seul. Toi qui crois que partager ce n'est pas sur la durée, que partager c'est éphémère, que les relations humaines peuvent se conclure par un blanc. Moi je crois que toute conclusion mérite au moins un point final. Je laisse peut-être traîner les conclusions car on rentre facilement dans mon coeur mais une fois dedans, pour en sortir, c'est plus difficile car je refuse de perdre les liens que je crée, les liens du coeur, ces liens sacrés.

Toi, tu ne crois pas en tout ça, comme eux avant. Je souffre de croiser des gens éphémère, je préfère les gens qui durent même si on finit par s'épuiser. Je préfère me dire que j'ai épuisé une amitié ou un amour plutôt de me dire que je les ai esquivé.

Tu ne vas pas comprendre tout ça, hein, tu vas faire celui qui évite. Celui qui ne veut pas réfléchir et comprendre et tu vas fuir. Tu vas me fuir, comme les autres.

Tant pis, je continuerais à m'enfumer et puis à essayer de me raccrocher au coeur du prochain. Mais je ne dirais pas, non, tu peux en être sûre, je ne dirais pas que "j'essaierais de t'oublier" car c'est une chose que je n'arrive pas à faire et que je refuse de réussir à faire. Les souvenirs, je les aime trop, je les savoure n'importe quand et sont trop importants à mes yeux. Alors, je préfère que tu restes un souvenir mais que tu existes toujours à mes yeux.

Toi, et bien, oublie moi et efface moi... Ca y est, tu t'en vas, tu ne peux pas en entendre plus...Et bien, laisse moi. Si tu n'es pas capable de conclure une histoire en beauté, va-t-en. Vagadonds des sentiments, saltimbanques des liens sociaux. Moi je reste, et resterais une amoureuse des sentiments, quels qu'ils soient, et je l'assume...

Ignore moi, ne regarde même pas mes larmes...Je suis sûre que mon discours t'auras fait réfléchir, et peut-être reviendras-tu, peut-être pas...Mais je serais déjà heureuse de t'avoir fait réagir, même si ce fut violent, larmoyant.

Tu es un lâche. Je suis du genre à vouloir faire face. Je continue mon chemin, je continue ma vie et je continuerais mes réflexions à chaque nouvelle rencontre car elles me nourrissent et m'enrichissent.

A bientôt...Je préfère un "au revoir" à un silence...

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Mis à jour ( Samedi, 27 Février 2010 09:21 )  
Auteur de cet article : Maureen

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