Lenaïg

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  Son corps nu trônait dans ce lit comme une affaire en or qu'on vient de réaliser, comme un bijou rare que l'on vient d'acquérir. Sauf que l'acquisiteur de ce corps n'en avait rien à foutre.

Et, surtout, ne pensait pas de cette façon.

Elle venait de donner son corps, comme elle le faisait à chaque fois, par désir, par passion, par amour furtif, par désespoir ou par tristesse.Non, ce n'était pas une prostituée. Du moins, elle ne prostituait pas con corps mais plutôt son coeur. Et il était souillé par de pauvres bougres en manque de chaire.

Elle ne cherchait que des miettes de sentiments dans ce pétrissage charnel de deux corps enivrés par l'extase.

Elle trouvait toujours un prérexte poétique à ses coucheries et tournait toujours ses histoires en moments passionnants et passionnés. C'est cela qu'elle réussissait le mieux, relater les faits et les poétiser.

Les améliorer, disaient les autres. Mais elle, elle ne voyait pas en quoi elle les "améliorait", non, elle ne faisait que retranscrire ce que son coeur et son esprit ressentaient et peut-être que ce n'était qu'à sens unique mais ces récits ne sortaient que de sa bouche de toute façon...

  Mais ce soir là, à 23h47, elle se sentait vide en se prenant pour un bijou qu'elle n'était pas dans le regard de cet homme. Pas si beau et pas si intéressant, au final. Pas si désirable et pas si doué...Il n'était qu'un moyen de plus parmi tous les moyens sur lesquels elle était tombée et elle n'en pouvait plus.

Vivre d'amours écourtés et d'hommes qu'on ne revoit plus, très bien, mais à condition que la nuit, l'heure, du moins le moment soit intense et riche en émotion, qu'il la transcende et la transporte loin d'elle.

Qui avait réussi cet exploit? Personne! Peut-être cet anglais aux doux yeux ou cette fille avec qui il n'y avait eu qu'échanges de regards et caresses de cuisses.

Même pas. Tous ces gens ne cherchaient qu'à vider leur désir puant avec la première venue et bien souvent c'était Lenaïg.

Lenaïg. Jeune déesse au corps si fin qu'on aurait eu peurd de le fendre en deux en le saisissant, une poitrine menue mais tendre,de longues jambes fines et aiguisées comme des couteaux, prêtes à vous cisailler le corps, des fesses aussi rondes et petites que deux pommes et surtout ce sourire franc et délicieux qui les faisait tous et toutes craquer.

Elle n'avait pas des yeux merveilleux et un petit nez mignon parsemés de tâches de rousseur, elle n'avait pasune cambrure à en faire tomber plus d'un, mais elle sen fichait car elle avait ce qu'on avait bien voulu lui donner et elle jouait avec ces charmes là.

Et, il faut bien l'avouer, neuf fois sur dix, ça fonctionnait. Peut-être dégageait-elle une sensualit si rayonnante qu'elle en étouffait une pièce entière et asphyxiait de désir les prétendants au titre de détenteur du bijou.

Une fois le bijou eu, ils ne la regardaient plus comme ils la regardaient quelques heures plus tôt, elle n'était plus qu'une simple fille au corps de fille, au sourire de fille et au charme de fille. Comme toutes les autres.

  Et c'était là son grand problème. Elle n'était pas toutes les autres. Elle ne voulait pas être toutes les autres. Elle ne serait jamais toutes les autres.

Lenaïg était unique et possédait l'Unique, même. Choses que toutes les filles n'ont pas en elles. Comment pouvaient-ils la laisser choire sur le bord d'un lit, sur un siège de voiture ou sur une plage de sable froid alors qu'elle détenait en elle ce qu'ils ne trouveraient chez aucune autre fille?

  Il alluma une cigarette et posa un regard fatigué sur le corps de la jeune femme, la tête renversée contre le bord du lit, ses longs chevex serpentant le parquet, sa petite poitrine nue et bombée et ses deux mains encadrant son nombril comme on met en valeur une photo.

"C'est vrai qu'elle était jolie, elle avait ce je ne sais quoi d'intriguant et de charmant mais après tout à cet âge à quoi bon chercher la durée quand on peut goûter au pêché journalier?" pensait le jeune homme en recrachant une bouffée de cigarette par la fenêtre.

Elle contempla la nudité du garçon en se faisant remarquer qu'il n'était pas aussi bien foutu qu'elle l'avait imaginé sous cette veste et cette chemise suintant le même parfum que tous les autres hommes portaient.

Elle se demanda même pourquoi elle avait fait l'amour avec ce garçon qui avait passé la soirée à fumr des pétards, et qui, au final, se serait presque endori contre son sein droit quelques heures plus tôt?

  -"Tu est stupide, Lena, arrête ça...soupira la jeune femme

D'un bon, elle se leva, ramassa toutes ses affaires, enfila sa robe sans rien mettre en dessous. N'oublia pas son portefeuille, ses cigarettes et ses clés. Elle observa le jeune homme qui ne bronchait pas et se roula une cigarette ave le peu de tabac qui restait dans son maigre paquet. Elle l'alluma et tua le silence, tout en recrachant la fumée de sa cigarette:

 -"Bon je vais y aller, je dors chez moi..."

Le garçon se retourna vers elle, un sourire narquois sur son visage et jeta son mégot de cigarette dans un cendrier qui traînait par là. Il s'avança de quelques pas et déclara:

 -"Tu es une fille comme toutes celles que je croise,vous ne courez qu'après les garçons d'un soir. C'est pour chercher un peu d'espoir ou combler votre désespoir? Pourtant je pensais que tu avais une lueur différente en toi, une bribe de "je fais comme ces autres filles mais je ne cherche pas ce que veulent ces autres filles" ...Je pensais sincèrement que tu serais restée, comme tu as sans doute l'habitude de faire en croyant que le garçon en face de toi daignera t'adresser quelques paroles pleines de rêves et d'ambition. Je voulais un jour rencontrer une fille qui ose le faire... Je me suis finalement trompée sur ton compte, tant pis, demain nous enfilerons encore une fois notre tenue d'un soir pour aller courir après l'espoir en guise dedésespoir. Une vingtaine d'anées au compteur, si peu pour penser comme un vieux et vouloir juste "une jolie histoire qui peut durer, sans en être obligée"...

Un long silence parcourut l'étroi appartement d'étudiant, du jeune homme qui remit un caleçon et un vieux jeans tout en fixant Lenaïg, scotchée par cette déclaration innatendue, et insistant sur le visage et le corps de ce jeune homme qui semblait aussi perdu qu'elle et qui avait eu le courage de lui dire ce qu'elle n'avait jamais dit à aucun des précédents hommes avec qui elle avait fini. Elle se retrouvait dans la position de la fille vide et sans intérêt qui ne court qu'après du vent et de l'inconsistant alors qu'elle avait cet Unique en elle qu'elle partageait sûrement avec ce garçon. Il devait posséder l'Unique au masculin et maintenant, il la jetait presque à la porte; blasé.

 -'Si j'en avais eu le courage, je t'aurais réciter ce même petit discours, mais, las de tous ces hommes sans opinion sur la question et, surtout, vidée de chercher de l'unique, je préfère me taire...Ceux là ne courent qu'après l'immobilité dans l'éphémère de leurs soirées à deux, renouvelées chaque jour. Je recommence interminablement, et minablement, ces soirées en eséprant croiser un soir un homme qui me fera comprendre que je ne suis pas un bijou à leurs yeux mais une boîte à bijoux vides qu'ils attendent de remplacer un jour par le vrai bijou...Et je ne pensais pas que peut-être...Pour toi, j'aurais pu l'être...Ce bijou...

Le jeune homme sourit, secoua la tête et tout en se passant la main sur la nuque désigna du doigt le lit défait et encore puant de leurs ébatts vides de sens.

 -"Tu as encore le choix de rester. Je te propose un thé, menthe ou fruits rouges? Le choix est restreint, désolé...

Lenaïg hésita. Etait-ce raisonnable? Au fond n'aimait-elle pas courir après de chimères en croyant être unique mais en ne l'étant peut-être pas? Et si elle était comme toutes ces autres filles, qu'elle ne cherchait pas d'unique, d'alchimie et d'histoires dont on ne sait jamais quand elles finiront? Elle devait faire un choix, maintenant, elle devait se placer dans l'un des deux camps et s'en contenter. Elle choisirait de tenter l'inconnu? Ou de se laisser par les bras de l'habitude aux visages de mutliples inconnus?

Il soupira et fit un geste de la main signifiant sûrement "laisse tomber, va..."

 -"Fruits rouges. Avec un peu de lait, s'il te plaît, à l'irlandaise.

 

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4llison Fyre a écrit:

j'adore! smilies/cheesy.gif
 
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décembre 28, 2011
Votes: +0

Maureen a écrit:

Merci beaucoup! smilies/wink.gif
 
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décembre 28, 2011
Votes: +0

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Auteur de cet article : Maureen

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