Alex KARVIN

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Chapitre 1

La démence est héréditaire, mais vous pouvez aussi l'attraper par vos enfants.                                                           Sam Levenson

Il faisait froid et la seule source de lumière était le pâle halo de la lune. Elle courait, même si elle savait qu'elle allait mourir, et elle avait tellement peur, c'est pour ça qu'elle ne s'arrêtait pas et ne se mettait pas en boule comme un enfant à qui on lance des pierres.La folie est surprenante et elle allait en faire les frais...maintenant.

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Le soleil baignait la façade de la résidence Stéphanie, récemment construite malgré les protestations de quelques écologistes notoires.Dans l'appartement 109, un téléphone produisit une sonnerie stridente, ce qui eut l'effet esconté de réveiller sa propriétaire qui l'envoya valser à l'autre bout de la pièce. La jeune femme se rencogna dans ses oreillers, ses longs cheveux noirs coupés en carré plongeant balayant son visage taillé à la serpe. Son nom était Alex Karvin. Elle considérait que sa vie avait été jusque là plutôt calme. Née à Strasbourg en 1980, elle avait réussi facilement ses études, était sortie avec plusieurs garçons assez plats et avait passé le concours d'entrée à l'école de police nationale. Après une relation avec son patron, elle était passée de stagiaire à inspecteur, aboutissement  dont elle était plutôt fière.Elle se releva rapidement, simplement vêtue d'un pyjama ''I LOVE STRASBOURG'', kitch mais agréable à porter. Elle consulta son téléphone : 5 appels manqués...Elle rappela le numéro :

<< Lieutenant Karvin ? balbutia-t-elle d'une voix pâteuse.

- Alex ? C'est Marlon, tu foutais quoi ?

- C'est interdit de dormir ? répliqua-t-elle du tac au tac.

- On est sur une affaire dans le Périgord , une série de meurtres dans un petit bourg tranquille, Sarmondour. Je suis dans la bagnole, Gardon est déjà sur place, il parait que c'est assez moche. Alors grouille toi ma puce !

- J'arrive bébé, plaisanta-t-elle, je suis bientôt là. >>

Elle n'aurait pas beaucoup de route, sachant qu'elle était en poste en Corrèze. Ca devait être une sacrée affaire pour que son équipe soit sollicitée.Alex passa un chemisier bleu sous son uniforme, goba une tartine et courut jusqu'à son 4x4 dont elle alluma le girofare. Alex n'avait jamais aimé conduire à cause d'un incident tragique : la paralysie des jambes de son petit frère, Simon, qui avait été percuté par une voiture sans permis à la sortie d'une école. Simon...il était son confident, son meilleur ami,son ange...il travaillait actuellement en tant que technicien informatique à Lyon, avec son amie, Sylvia, une fille agréable mais un peu effacée. Elle démarra et accéléra en direction de l'autoroute.

Chapitre 2

Après environ 45 minutes de route, Alex parvint à un sentier qu'elle emprunta, reconnaissant au loin la camionette du légiste. Le sentier était boueux en raison des nombreux orages qui avaient arrosé le Périgord, alors elle finit le chemin a pied, pestant contre ses bottes qui s'enfonçaient pateusement dans la gadoue marronâtre. La jeune femme fit signe à ses collègues et passa sous la bande jaune qui délimitait la scène de crime. Elle en avait vu, des crimes, des effractions, des meurtres...et pourtant celui là la fit s'arrêter. La jeune fille était sur le dos, les bras en croix, ses pieds étaient attachés par un ruban et sur son corps était tracé à l'encre "tu seras à genou à présent devant ton maître". Sur son ventre avait été dessiné  à la lame un coeur de sang. Cette mise en scène grotesque en était malsaine et Alex tressaillit. Elle rejoignit Marlon te Gardon qui discutaient avec le légiste.

<< La mort remonte à huit heures, disait celui ci.

- Elle a été tué à environ minuit alors, déduisit Gardon, ses yeux bleus et calmes balayant la scène comme si il n'y avait rien.

- On a le nom de la victime ? interrogea Alex,

- Oui, Carole Montert. C'est la troisième en deux semaines. Les autres s'appellent Marie Quarfort et Noémie Lunt, elles étaient amies toutes les trois et vivaient dans le même quartier, un coin pommé plus haut avec des maisons victoriennes bcbg, répondit Marlon.

- Avec quoi a t elle été tué ?

- Empoisonnée, avec de la digitaline, je présume, rétorqua le mèdecin.

- De la digitaline ?

- Oui, une très jolie fleur, poison assez connu, dans le cas de cette pauvre fille, je pense qu'il a été ingéré. J'irai à la morgue pour comparer avec les résultats des autres victimes, décida le légiste.

- Bon, Gardon, tu te charges des indices, Marlon et moi on va parler à la famille de la victime.>>

Avant de remonter en voiture, Alex observa Marlon. C'était un beau gars au teint bronzé, qui au premier regard paraissait plus surfeur que policier. Son patron, et ancien compagnon, Yohan, était tout le contraire de Marlon ; il avait les yeux verts, des cheveux clairs bouclés et un sourire doux, même quand elle lui avait dit que c'était fini. Et maintenant, elle ne savait même pas ce qu'elle ressentait pour lui, un sentiment entre l'amour et l'amitié qui changeait sans cesse. Tout à coup, elle remarqua que Marlon avait intercepté son rengard et lui souriait. La jeune femme monta dans la voiture te démarra, évitant de croiser à nouveau le regard de son coéquipier.

Le lotissement se trouvait à cinq minutes, et ils se garèrent rapidement devant un portail imposant de fer, les pneus crissant au contact des graviers de différents tons de gris. Il faisait de plus en plus mauvais, et la pluie commença à tomber. Ils coururent jusqu'au portail et sonnèrent plusieurs fois.Une voix de femme répondit : << Oui ?

- Nous sommes de la police, nous voudrions parler à Madame Montert.

- Bon, je vous ouvre. >> marlon poussa le portail et ils parvinrent jusqu'à la porte en bois pourvue d'un heurtoit ouvragé, qui s'ouvrit sur une petite femme qui expliqua : << Je suis la domestique de Madame Montert, elle est au salon mais faîtes attention, elle est effondrée...Bon,  c'est trop macabre pour moi et puis j'ai fini mes heures, au revoir !>> et elle bouscula presque Alex pour courir jusqu'à sa voiture.

Chapitre 3

<< Madame Montert, nous vous exprimons toutes nos condoléances, déclara Alex.Elle avait prononcé ces mots un nombre incalculable de fois tout en sachant qu'ils n'accordaient aucun réconfort aux familles.

- Qu'est ce que vous voulez ? sanglota la grande femme brune, dont le mascara hors de prix coulait sur les joues.

-  Est ce que vous voyez quelqu'un qui aurait put faire ça ? Des menaces ?

- Non, non il n'y a rien eu de spécial...si ça ne vous dérange pas, je vais monter me reposer, vous pourez interroger mes filles.>> La femme partit en pleurant et peu après,deux jeunes filles apparurent. Alex consulta rapidement son dossier. La plus vieille paraissait avoir 16 ans et se nommait Alexia, elle était brune avec un visage sec et un corps mince et svelte tandis que sa cadette,Chloé, qui avait 13 ans, possédait des joues arrondies qu'encadraient une paire de lunettes à grosses montures cachées sous des boucles noires. Les deux adolescentes prirent place sur le confortable canapé aux couleurs dorées.

<< Vous voulez nous parler de Carole ? demanda Alexia

- Eh bien, oui, son comportement avait il changé ces jours çi ?

- Elle était toujours aussi insolente et superficielle, lâcha Chloé,

- Vous ne vous entendiez pas avec votre soeur ? questionna Marlon,

- Non, pour ma part, mais je n'ai jamais voulu sa mort, cependant, siffla la cadette.

- Carole était adorable et elle manquera à tout le monde,assura Alexia, d'autant que ses amies sont mortes aussi,non ? Elle a été perturbé, elle ne faisait rien seule...je n'arrive pa sà croire qu'une personna aussi lâche a pu la tuer !>> Alex remercia les deux filles ils reprirent la voiture.

<< Tu penses que c'est la mère ? demanda Marlon

- Non, on ne peut pas mentir aussi bien, elle avait l'air vraiment touché...où doit on rejoindre les autres ?

- tu ne veux pas rester avec moi ? souffla t -il,

- Qu'est ce que tu..Alex ferma les yeux au contact de son coéquipier, et il l'embrassa tendrement. Ce ne fut que quand il passa la main sous son chemisier qu'elle le poussa doucement et lui dit<> Marlon aquiesca, il avait eu ce qu'il attendait depuis longtemps, et il se remémora cet instant  pendant tout le trajet. Le 4x4 s'arrêta devant le comissariat d'Armontier. Les véhicules banalisés remplissaient le parking et les policiers allaient et venaient. Gardon les attendait et ils montèrent tout les trois jusque dans une salle de conférence. Gardon sortit une carte qu'il étala sur la table, prit un marqueur rouge et entoura les différents lieux de crimes.

<< Il ya une maison au centre, celle des Montert, légenda Marlon,

- Ca ne veut rien dire, le tueur veut  peut être piéger un des membres de la maison...reprit Gardon,

- Mais pour le moment, c'est notre seule piste, alors on va l'exploiter, déclara Alex. Il est midi, on fait une pause puis on descend au labo pour avancer sur les indices.>>

L'après midi passa rapidement.Il y avait des empreintes, cependant non fichées, et des fibres d'origine inconnue. A huit heure, Alex voulu repartir vers les lieux de crime. Le ciel devenait de plus en plus sombre et son regard fu soudain attiré par une forme.Tout à coup, son téléphone retentit.

Chapitre 4

<< Karvin ?

- Oui, Alex, c'est Marlon, je pense que la fille Montert, Alexia, est coupable.Je sais pas si t'as vu, mais quand elle parlait, elle avait l'air bizarre, comme si elle avait peur...

- Non, c'est pas elle .

- Mais Alex...

- Ce n'est pas possible, parceque là, tu vois, je viens de tomber au sens littéral sur Alexia.Elle est morte.>>

Chapitre 5

La mise en scène était la même et Alex n'avait pas eu le courage d'aller annoncer la nouvelle à Mme.Montert. La chance n'est pas donnée à tout le monde. Alexia avait une expression de peur sur le visage, une peur absolue qui était surement survenue quand elle avait vu l'assassin. Gardon était parti questionner ses amis, ses proches, et elle était seule dans l'obscurité.

Chapitre 6

Peut être que si elle ne l'avait pas entendu, elle serait morte. Ce bruit, ce bruit l'avait sauvé. Elle continuait de chercher et elle récolta un éclat de verre perdu dans les hautes herbes...un éclat de verre, du verre, du verre de voiture, de couverts, de lunettes, de vitrines, de lunettes ? Des lunettes, des lunettes...Oui, des lunettes !!! les lunettes de Chloé, Chloé tuant sa soeur ? Non, impossible. A ce moment retentit le bruit, comme un pas feutré...Aussitôt, Alex se retourna, mais un coup dans la machoire la fit s'écrouler à terre. A tatons, elle essaya de ramper, mais son agresseur tomba sur elle, la frappa durement. A moitié assomée, elle sortit son arme de son étui et l' abbatit de toutes ses forces sur l ombre penchée sur elle. Une exclamation, et Alex se redressa et asséna un coup de pied à la forme gémissante. La maintenant au sol d'une main, elle sortit ses menottes et attacha l'agresseur.

Chapitre 7

<< Est ce que tu reconnais être l'auteure des quatre assassinats ?

- Oui, je n'ai pas honte, je suis même...fière.

-  Pourquoi les as tu tuées ?

- C'est ma mission, Dieu m'a confié cette tâche.

- Tu n'éprouves aucun remords ?

- Pourquoi, je devrais ? >>

Alex sortit de la salle d'interrogatoire, ébranlée. Chloé Montert était une sociopathe. Elle avait tué ses soeurs sans remords, et manqué abattre Alexia pour la faire taire. Elle avait du assassiner Alexia par peur d'être découverte...Non, Alex ne voulait pas s'enfoncer dans cette histoire horrible, juste rentrer et se reposer, chasser la folie de sa tête.

Epilogue

Alex considérait que sa vie avait été jusque là plutôt réussie. Née à Strasbourg en 1980, elle avait réussi facilement ses études, était sortie avec plusieurs garçons assez plats et avait passé le concours d'entrée à l'école de police nationale. Après une relation avec son patron, elle était passée de stagiaire à inspecteur, aboutissement  dont elle était plutôt fière, puis elle s'était mariée avec Marlon Matrel, son coéquipier, ce qui n'avait pas plu à son patron et ancien compagnon Yohan, qui l'avait rétrogadée d'inspecteur à brigadier. Mais ça n'avait pas d'importance.

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse.

Coco Chanel

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Mis à jour ( Mardi, 15 Juin 2010 15:38 )  

Marie M a rejoint la communauté des auteurs de jesuisecrivain.com le Dimanche, 13 Juin 2010.

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