Premier jour des vacances d’été, les vacances les plus longues de l’année. Trop longues même. Vous me direz très certainement, et vous aurez sans doute raison, que non, au contraire, deux mois passent toujours plus vite qu’on ne le pense! Et vous me verrez forcée d’acquiescer. Pour être plus précise, ce ne sont pas tellement les vacances que j’incrimine, non!
Ce sont les vacanciers.
Quoi de pire que de se retrouver coincé, en plein mois de juillet- 28°C à l’ombre- dans un habitacle sur roues, minuscule, à coté d’une sœur qui ne supporte pas la voiture, qui est malade toutes les demi-heures, qui ne sait pas comment s’occuper, qui renverse sa bouteille d’eau –à votre avis, sur qui? Bravo, oui, sur vous!- vous postillonne des miettes de gâteau sur la figure, ou au mieux sur les pages du livre que vous tentez de parcourir, et qui répète, phrase rituelle de toutes vacances qui se respectent: «c’est quand qu’on arrive ?»
Je précise qu’il n’y a aucune mention inutile à rayer.
Tout ceci, bien entendu, dans le concert habituel de klaxons et autres cris de protestation émanant des centaines d’autres véhicules vous entourant, coutume qui m’a toujours laissé abasourdie. Les gens pensent-ils vraiment qu’en faisant part de leur mécontentement de manière aussi bruyante, la file de voitures de plusieurs dizaines de kilomètres s’évaporera, leur laissant ainsi place nette pour rejoindre le petit appartement avec vue sur le parking de la supérette qu’ils ont loué près d’une quelconque station balnéaire?
La naïveté et l’espoir de certains me sidèrent.
Mais laissons un instant les autoroutes bondées, les aires de repos si sales et si remplies de monde qui ne donnent que l’envie de remonter immédiatement en voiture pour échapper à cette foule et enfin se reposer, les cartes et autres GPS incapables de vous faire tourner à la bonne sortie , et concentrons-nous sur l’objectif de ce parcours du combattant: les vacances, l’arrivée à la destination finale.
Ah.
Vous aviez cru, en vous basant sur les photos du site où vous avez réservé votre location, que vous séjourneriez dans une charmante petite villa au crépi lavande, aux volets bleus et pourvue d’un grand jardin fleuri, avec une balançoire pour les petites? Vous n’étiez vraiment, mais alors vraiment pas loin.
Vous voici, vous, vos parents fatigués après les huit heures de route et vos deux sœurs, devant un charmant petit, petit, pavillon au crépi, comment dire? Décrépi, d’une teinte orange/ocre/beige? sale en tout cas,et aux volets verts sapin fendillés.
Vous étiez nostalgiques des pavillons de la banlieue parisienne? L’agence de location les a recrées pour vous, le même que celui des zones industrielles!
Si ce n’est pas magnifique cela!
En admettant que vous réussissiez à feindre un semblant d’optimisme, et, oserais-je employer un si grand mot, d’enthousiasme, le plus dur est à faire. Découvrir l’intérieur de cette villa de rêve. Et le cagibi qui sera votre chambre pour les quatre longues semaines à venir.
Bien sûr, j’exagère. La maison n’est pas si petite, et si on fait abstraction du papier peint décollé, griffé par un animal, de la cuisine aux casseroles trouées, et de votre chambre qu’il faut partager avec une famille arrivée avant vous (mais oui, les araignées ont aussi droit à leur vacances!), tout est parfait.
Si parfait que vous vous empressez d’aller visiter les alentours, pour vous rassurer.
Vous revenez apaisé. Seule la maison que vous avez louée est en état de délabrement.
Vous trouvez toujours que deux mois, c’est court? Mais attendez! je n’ai pas terminé. Venons-en à un point crucial. La plage.
Que seraient les vacances sans leur plages de sable fin, leur mer azurées, leur parasols multicolores, leur vendeurs de glaces?
L’endroit que vous avez choisi.
Première prise de contact avec le bord de mer. Quelle chance, vous dites-vous, personne! Profitons-en, ça ne risque pas de durer!
Pas d’inquiétude, cette solitude persistera. Vous vous demandez pourquoi? Regardez autour de vous. Quelle belle plage de sable! Ces petits galets, comme c’est charmant! Mais agrémenté de cannettes et d’emballages de glaces, c’est beaucoup mieux n’est-ce pas? non? tant pis!
Et la mer, cette splendide mer bleue, verte, grise, qu’elle est belle!
Et froide. Vous tentez un plongeon, et retournez fissa au soleil.
Si vous le trouvez.
Au final, vous désertez vous aussi la plage, avec une pensée compatriote pour les personnes qui vivent ici toute l’année.
Vous rentrez, avec votre premier rhume du mois de juillet, et une famille revigorée par le grand air marin qui prévoie pour le lendemain une chasse aux crabes dans les rochers (des rochers? où ça? mais bien sûr, sous les kilos d'algues visqueuses!)
Souriez, les vacances ne font que commencer!









