Peine de cœur, peine tout court de celles qui ne guérissent pas.
Je traine ma carcasse, essaie de croire en un lendemain meilleur.
Mais l'espoir n'est plus. Car j'ai vu il y’a bien longtemps un Mirage, un joli Mirage et j’ai voulu m'assurer de son existence.
Je me suis donc approchée séduite par ces myriades de couleurs, toutes plus belles les unes que les autres. De loin l’effet était certes époustouflant mais de près c’était une merveille.
Je venais souvent le visiter, je m’enhardissais jour après jour m’approchant encore plus près, plus près…
Je retournais vers moi chez le cœur léger, ces visites au pays de Mirage avaient un effet euphorisant sur ma personne. Différente, me voilà devenue tout autre, plus femme.
Ma démarche avait changée, je faisais danser mes hanches comme si j’allais me mettre à danser. Je cherchai le regard des hommes pour y lire une admiration et je la trouvai la plupart du temps. Cela me donnait un peu plus d’audace que je n’en ai jamais eue. Moi jeune fille timide, je me mettais à flirter presque ouvertement avec n’importe quel garçon pourvu qu’il me plaise. Un jeu dangereux que je savais arrêter quand ça ne m’amusait plus. Car je voulais plaire pas me faire tringler par le premier boutonneux venu. Non pas ça, moi j’avais Mirage dans le cœur. C’était lui que je désirais pas un autre. J’avais besoin de me rassurer et ceux-là faisaient bien l’affaire. Ils me montraient combien j’étais désirable par leur sifflement d’eunuque mal castré. Je pouvais donc les remercier poliment.
Mirage je n’avais que lui en tête, Mirage mon beau Mirage. Mon merveilleux si beau Mirage.
Lors de mes visites, je n’avais de cesse de lui dire;répéter combien il était beau !









