A l'empreure Caligula.

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A Caligula,

Ce qui m’a fait venir à toi, c’est le théâtre. Dans le but d’un exercice, notre professeur nous a demandé d’acheter la pièce de théâtre qui portait ton nom. Je dois avouer qu’avant cette quête je ne te connaissais pas. Pourtant, il me semblait connaitre ton nom. Il m’était comme familier. Peut-être l’avais-je entendu, lu ou perçu quelque part. Ou alors, c’est que ton nom résonnait en moi comme une révélation. Caligula ! Ce nom sonne si fort et avec une telle puissance que le simple fait de le prononcer me rende à mon tour, forte. C’était comme si j’avais été privée de toi tout ce temps et qu’un jour enfin, tu m’es apparu.

Happée par une curiosité aussi inexplicable qu’ardente, j’ai commencé alors, l’œuvre de ton histoire. Plus les pages défilaient et plus j’entrais dans ton monde: Rome, le pouvoir, la mort, la décadence, le mensonge et tout ce qui te remplit et qui remplit ton milieu. J’ai appris à te connaitre et j’ai vu en toi un être lucide et plein de révolte.

A la mort de ta sœur et maitresse, Drusilla, le monde pour toi parut insuffisant et insupportable. Tu as eu le soudain besoin d’obtenir des choses considérées comme impensables et pas de ce monde : La lune, l’immortalité ou encore, le bonheur. Au fond, la mort de celle que tu aimais n’était rien, car la mort ne signifie en somme, rien. Mais elle t’a fait prendre conscience d’une chose. Une chose que tu as d’ailleurs dite : « Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux ». C’est une vérité simple, mais lourde à porter, que je partage aussi.

De cette découverte est née en toi une folie. Une folie destructrice puisqu’elle a fait de toi un tyran. Un tyran assassinant nombre de personnes, ainsi que de tes proches. Tu voulais tout bouleverser, changer l’ordre de ce monde. Tu voulais « mêler le ciel à la mer, confondre laideur et beauté, faire jaillir le rire de la souffrance ». Tu voulais que l’impossible soit sur terre pour qu’enfin les hommes soient heureux. Tu t’es révolté contre le destin et a choisi de nier les hommes. Tu as rejeté l’amitié, l’amour, la simple solidarité humaine, le bien et le mal. Mais à vouloir tout détruire, tu t’es détruit toi-même. Tu t’es rendu compte qu'aucun être ne peut se sauver tout seul et qu'on ne peut être libre contre les autres hommes. Conscient de cela, tu t’es laissé mourir et t’es fait assassiner.

J’ai trouvé tes paroles justes, même si certaines ne sont pas bonnes à dire. Tu as vu que le monde vit dans le mensonge. Tu as vu que le bonheur n’était pas de ce monde, qu’il n’était qu’illusion perdue et que les hommes se mentent lorsqu’ils parlent d’amour. Certes, ce sont des paroles dures, mais des paroles dont il faut s’accommoder. Moi j’ai décidé de m’accommoder à cette vérité. Je ne pense pas être dans un désespoir comme le tien. Je fais face à tout cela et tente de rester impassible.

Tu avais cette conscience des choses et le pouvoir, tu as donc mis en pratique toutes tes pensées. Ce que tu as fait, ça, je ne le partage pas. Mais j’admire ton désir de vouloir changer les choses, même si ce que tu as fait n’est pas bien. Trop peu de gens choisissent de changer les choses.

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Mis à jour ( Samedi, 30 Juillet 2011 13:07 )  

Gaëlle a rejoint la communauté des auteurs de jesuisecrivain.com le Mercredi, 20 Juillet 2011.