Le soir de la Fête des Mères

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Le soir de la Fête des Mères

Il était trois heures du matin quand ma mère nous réveilla moi et ma compagne en tapant à la porte de la chambre.
Que se passe-il ? Lui demandais-je
Ça y est c’est arrivé...me répond-elle
Et j’avais très vite compris de quoi elle parlé. Je m’habille rapidement ainsi que ma compagne. On se rejoint tous au rez-de-chaussée sans un bruit. On sort, bien entendu il fait nuit mais il ne fait pas froid. Je monte coter conducteur de la voiture. Je ne veux pas que ma mère conduise, pas avec toutes ces émotions dans la tête. Ma compagne n’a pas le permis donc je prends le volant. Conduire m’apaisera, du moins je l’espère. Je démarre la voiture, enclenche les feux et sort de la cour. Je sors très vite de notre lieu-dit où loge la maison familiale.
Puis vint le silence…
Déjà omniprésent depuis que ma mère nous a réveillées, il est maintenant de plus en plus lourd. Je passe la première ville. Plus que deux villes et on sera arrivées à destination. Avant cela une forêt à traverser. Elle est longue, sombre. Elle contraste avec les feux des voitures que je croise, qui d’habitude m’éblouirais. En cette nuit rien ne peut me déconcentrer.
J’arrive au bout de cette forêt qui ma parut si longue. La deuxième ville apparait tout de suite sous nos yeux. Nous sommes presque arrivées. Au bout de celle-ci, la ville de notre destination apparait enfin. Il faut que je la traverse encore entièrement pour arriver à notre destination finale. Je passe tous les ronds point et voit enfin le bâtiment. Plus que quelques mètres et on sera sur le parking. J’arrive à hauteur du parking et rentre dedans. Je trouve vite une place. A cette heure là il n’y a pratiquement personne. Le voyage en voiture m’a paru durer des heures. Il n’a, en faite, duré que trente minutes.
Nous sortons de la voiture. Je ferme la voiture et nous nous dirigeons a l’entrée de l’immeuble. Nous appelons l’ascenseur. Il s’ouvre quelques instants après. Nous entrons dedans et ma compagne appuie sur le bouton pour se rendre au troisième étage. L’attente pour arriver à l’étage ne fût pas longue, comme elle peut l’être la plupart du temps. Les portes s’ouvrent et nous sortons. Nous prenons le couloir de droite, qui me parait incroyablement long à traverser. Nous sommes au bout du couloir. Deux dames apparaissent.
L’une nous demande : « Vous êtes là pour votre mari ? »
« Oui. » Répondit ma mère.
« Entendu mais allez patienter dans le petit salon il n’est pas encore prêt. » Répondit l’autre dame.
« Oui, nous devons attendre ma fille de toute façon. » Expliqua ma mère.
Nous nous dirigeons donc au petit salon, qui était situé à gauche de nous quand nous sommes sortis du couloir. Nous nous installons sur un fauteuil en attendant ma sœur, qui à surement encore de la route à faire avant d’arriver. Le silence se réinstalle, pesant, faisant craquer ma mère en larmes. Ma compagne n’en est pas loin non plus. Moi je reste froid, impassible, étonnement calme. Le calme cachant la tempête me dit-je en moi-même.
Je repense à ce qui nous arrive. Cela faisait six ans que je me prépare à ça. Six longues années où l’on se fait une raison. J’avais à l’époque seize ans, aujourd’hui j’en ai vingt-et-un. Cela ma sûrement fait mûrir plus vite que les personnes de mon âge. Ce n’est pas forcément bien. Cela m’a rendu solitaire plus que je ne l’étais. N’ayant aucune envie de me confier ni aucun vrai ami a qui le faire. C’est là que l’ont réalise que l’on est parfois très seul dans ce vaste monde.
Ma sœur arrive enfin avec son compagnon. Depuis combien de temps suis-je dans mes pensées ? Je regarde la grande pendule au dessus de nous. Cela faisait trois quart d’heure que je me noyer dans mes pensées. Je me lève. J’embrasse ma sœur qui pleure dans mes bras. Nous nous saluons tous. Puis ma mère, moi et ma sœur décidons d’y aller. Ma compagne et celui de ma sœur ne veulent pas nous accompagner, et nous ne voulons pas non plus qu’ils viennent. Nous nous dirigeons tous les trois près de l’une des deux dames à qui nous avons parlé tout à l’heure. On l’interpella.
« C’est bon vous pouvez y allez si vous êtes prêts. » Nous dit-elle.
Oui on était prêts, prêts à voir la vérité nous explosé à la figure, prêts à pleurer toutes les larmes de notre corps.
On rentra dans la chambre et il était là, allongé dans son beau costume qu’on venait de lui enfiler. On s’approcha de lui et les larmes coulèrent de nos corps. Ma main passa dans la sienne. Elle était froide, rigide. Puis ma main passa sur son visage. Il était froid également. Ses yeux fermés ne se poseraient plus jamais sur moi. Je le savais et ma sœur et ma mère aussi. C’était mon père qui était là sans vie, allongé sur son lit d’hôpital. J’étais préparé depuis que j’avais seize ans à cela depuis le jour où on nous avait annoncé son cancer. Cette maladie qui tue des milliers, que dis-je des millions de personnes tous les ans.
Le comble dans tout ça, c’est que cette tragique nouvelle c’est déroulée le 29 Mai 2011, le jour de la fête des Mères…
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Mis à jour ( Jeudi, 12 Janvier 2012 09:52 )  
Auteur de cet article : chapsou