Cri Noir

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Contre les parois de mon crâne,

Râclent toujours les fers rouillés

Rivés aux chevilles de mes ancêtres.

Quand je retrouve le rythme syncopé

Des danses oubliées du continent perdu,

C'est leur tintement qui marque mon pas.

Quand je secoue le carcan de l'éducation,

Pour murmurer le cri sauvage des Marrons,

C'est encore le bruit de ces entraves

Qui couvre ma voix.

La rumeur constante de la mer

Ne m'est d'aucun secours.

L'océan ne m'est pas liberté,

Il m'est malédiction !

Derrière son horizon uniforme,

Il masque, avec obstination,

Le souvenir refoulé

D'une terre d'idéale cruauté.

La couleur des flots, même,

M'est incompréhensible.

D'où viennent ces émeraudes

Et ces turquoises ?

Où est passé le sang des corps

Vite jetés par-dessus bord ?

Vers quels rivages ignorés

Le vent a-t-il écarté la plainte

Et les râles, les prières

Et les hurlements

De ce « Bois d'Ebène » déraciné ?

Je n'entends plus ces tristes mélopées,

Mais seulement l'obsédant cliquetis

De ces fers, qui m'empêchent d'avancer.

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Mis à jour ( Vendredi, 06 Mars 2009 19:40 )  
Auteur de cet article : L.D.

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