Cliquetis langoureux des chaînes qu'on libère
Pour les envelopper d'un somptueux satin
Des soupçons de plaisir emplissent l'atmosphère
Vêtue de sa robe de soir couleur de vin
La lumière excitée coule telle un magma
Se lavent en fusion les pieuses immondices
Au feu sacré de l'âme le tison reçoit
L'énergie licencieuse des chairs qui rougissent
De cette vasque orange accolée sur le mur
Monte une euphorisante effluve de brûlure
Les râles du plaisir caressent la lumière
L'alcôve se remplit des chants de Lucifer
Une gorge gonflée pousse un cri vers le nord
Déchirant les tissus de la vierge qui dort
Les canines du loup que ses bras ont vengé
Déchiquettent la peau de la proie enragée
De la goutte de sang s'évapore une larme
Au regret de partir, émanant sous le dais
Les hématies perdues doivent rendre les armes
Elles ne suceront pas la mangue des palais
Les tentures du trône aux lueurs capucines
Peignent un grand démon à face rubiconde
Qui ronge de ses crocs le fémur d'une blonde
Entre deux pâles flammes rehaussées d'hermines
Plus charnus sont les plats servis en abondance
Au festin charcutier des gourmandes mignonnes
Des incubes gloutons aux lèvres vermillonnes
Brique, sang, bistre, rage, rubescentes errances
Apparaît sous la table, étourdi de bonheur
Le bonhomme enjoué, gratouillant sur sa lyre
Ni cornu ni lippu, ni ventru ni satyre
Un véritable ami, loin des cieux près du cœur









