Rage et tendresse mêlées,
Amour et détresse emmêlées,
Mes baisers carnassiers laissent,
Sur tes mamelons durcis,
Les marques de mon dépît.
Mes mains calleuses
De nègre révolté
Pétrissent tes lourdes cuisses
De négresse callypige.
Je sens tes reins
Se cambrer encore
Et ton pubis frisé
Se frotter
A mon sexe totémique.
Souviens-toi :
Nous ne sommes que des animaux
Aux instincts pervertis…
Je te retourne violemment,
Et j’empoigne tes cheveux
Lourdement tressés.
Ta bouche laissse échapper un cri,
Mais je ne veux pas voir
Tes yeux se révulser,
Tes lèvres se tordre…
Comme sous le fouet de l’Intendant,
Mon corps se tend
Et je te pénètre.
Rage et détresse mêlées,
Amour et tendresse informulées,
Je brûle en toi
Ma révolte inexprimée.
Chaque élan est un brandon
Du brasier final
A la lueur duquel
Je crois discerner
L’incendie du Château,
Le corps démembré du Maître
Et le cul laiteux de sa femme,
Que je chevauche,
Comme il ne l’a jamais fait…
Amour et tendresse mêlées,
Rage et détresse oubliées,
L’oreille collée
A l’aréole de ton sein,
Je veux croire au miracle
De la liberté recouvrée,
Que ni leur Dieu,
Ni les auréoles
De leurs saints,
Ne nous donneront jamais !
L.D.
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