J'ai perdu le sens de l'humour

Envoyer Imprimer PDF
(3 - user rating)


La déclaration de perte

Dans l’espace béant d’un trou de mémoire

Énorme carie taillée par les vents

Dans la craie des falaises

Pieds au mur où la vague se niche

J’ai perdu mon sens de l’humour

Un instant de distraction et il était parti

Quittant la maison comme femme battue

Partant à la dérive en quelques pertes sèches

Comme on part un matin croyant bien revenir

J’étais encore perdu dans mes noires pensées

Quand l’humour est parti absorbé au papier

Certains prétendent même que je l’ai égaré

Pour m’en débarrasser comme un

Petit Poucet au cœur de la forêt !

Avis de recherche

Au moment de sa disparition

Il portait un veston tout brodé de sourire

Avec un pantalon tout lissé de soleil

Un amour d’humour tout frisé et serein

Une chemise nouée de dentelle d’étoiles

Il était humour tendre sur la voile du temps

Plaisantant de bons mots que l’on tire comme le vin

Ou de traits de génie quand les vents vous taquinent

En deux vers deux poèmes aux mauvais jours bouffons

L’humour était bateau cabotant au grand large

De mille cabrioles et de boutades d’eaux

De drôles de fous rires et de reflux joyeux

Coquillages tout farcis de méduses dorées

Pour répondre par écho aux enfants sur la plage

Mon état d’âme


Comme l’arbre perd ses feuilles

Et ses fleurs en automne

J’ai du froid dans le dos

Et quelques larmes à l’oeil

Et sans sa bonne humeur

Je me glace la moelle perdant courage

Et l’intérêt de vivre sans l’humour en bagage

Me quitte peu à peu comme le sang

En déveine telle la perte d’un ami

Qui vous voulait du bien

Sans mon âme des grands jours

Sans l’humour au grand jour

Je perds mon innocence et ma confiance aussi

Sans lui je suis un trou

Du cœur au bord du gouffre

Devenu comme tout creux

Comme un oubli qui manque

Morfondu par l’absence de sa bonne humeur

Je suis dans le néant le plus sec qui soit

Abattu par les banalités les plus grandes

Depuis qu’il est parti au loin sans moi

Je suis découragé au coin de l’ennui le plus large

Devenu raisonnable au plus long de mon être

Je pleure à chaudes lames ce petit chien perdu

Au loin sans trompette ni collier aucuns

Les regrets

Que je regrette cette forme d’esprit vif

Légère comme le vent aux bons nids des moulins

Il ne faut pas perdre une minute

Pour retrouver l’humour !

Je sanglote cette vision décalée du réel

L’optimisme béat de ces jours de bonheur

Cette façon d’avoir de l’amour à donner

Qui fait tout l’humain au p’tit coin des malices

J’ai perdu mon humeur de belles lumières

Toute brossée d’aquarelles aux risées de la vie

Même quand ça faisait mal au plus vif des chairs

L’humour était mon corps pour construire des projets

Les rumeurs se racontent d’âge en nage des histoires

Et répondent sans cesse aux rires des marées

Qui remontent à la charge leurs lots de souvenirs

De marins capitaines tout rayonnants de joie

Le bilan

 

Le bonheur s’est perdu l’humour à disparu

En ville et en campagne je le cherche en vain

Son pas ne fait pas de bruit

Sa main ne produit pas de vague

Il est nu désœuvré

Assoiffé de désir

Son ombre ne laisse pas de trace

Ses derniers rires

Se perdant dans le brouillard

Humour où es-tu ?

À quoi joues-tu ?

Si tu m’entends sourie-moi

Le temps d’un soupir

Si tu m’entends

Soupire-moi

L’instant bref d’un sourire

Commentaires (1)add comment

Carla a écrit:

J'adore ! J'aime beaucoup ta facon de faire d'une chose abstraite un objet que tu peux tenirdans ta main. Je n'ai pour l'instant lu que j'ai perdu mon sens de l'humoue et je vais finir. J'adore ta poésie mais pour moi, la poésie est plus belle quand elle a des rimes. Mais bon, chacun son point de vue...
Merci pour ces poésies
A Bientot
Carla
 
Abus
vote moins
vote plus
juin 09, 2009
Votes: +0

Ecrivez un commentaire
quote
bold
italicize
underline
strike
url
image
quote
quote
smile
wink
laugh
grin
angry
sad
shocked
cool
tongue
kiss
cry
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

security image
Entrez les caractères affichés


busy
Mis à jour ( Mardi, 09 Juin 2009 11:51 )  
Auteur de cet article : reumond