Une vieille dame pleure ô larmes jalouses
Devant l'image d'un visage
Taillé d'une seule pièce dans la beauté
Brute vertigineuse et sauvage
La matière beauté qui blesse et ne s'excuse
Jamais de ses plus beaux ouvrages :
Les bras aux veines grises ne frémissent pas
Quand ils tiennent le papier de glace
Où luit cerné de suie le regard impassible
Et chaste de la beauté qui blesse
Des yeux de verre coulent les larmes jalouses
Des yeux de verre coulent les drames
Des yeux de verre coulent les larmes jalouses
Des yeux de verre coulent les drames
L'homme en amorce glisse une œillade plissée
Sur ladite gravure fatale
Il y a ces mèches noires d'encre en désordre
Anarchie calculée immorale
Des mèches militantes qui semblent entrer
Par la pointe aux racines du mal :
Le cœur d'un homme gris dont les hublots se glacent
Et dont les yeux attristés s'emballent
Voilà une merveille qu'à coup sûr, mon gars
Tu ne mèneras jamais au bal
La beauté qui fait mal agite son fanal
A l'amorce du coin de l'œil gris
La beauté qui fait mal a brisé son fanal
D'où coulent les larmes de l'envie
De ces yeux sans espoir sans beauté et sans vie
S'écoulent les larmes de l'envie
De ces yeux sans espoir sans beauté et sans vie
S'écoulent les larmes de l'ennui
Bien plus loin bien plus haut le beau feu se déclare
Un beau feu plein d'espoir et de vie
Taillé dans la beauté sans pieds et sans regards
Sans silhouette bien définie
En connaissant d'avance ce qu'est la conquête
La saveur de son goût d'alcool pur
Le feu ivre de joie ira brûler la tête
De ceux que la beauté injure
Le temps joue sur d'autres visages
Sur les veines bleuies par l'âge
Le temps ravage à domicile
Et le feu, lui, reste gracile
Moqueur, il a des mèches d'encre et de soleil
Et un visage taillé dans l'ambre
Un cœur accueillant pour les blessantes merveilles
Mais aucun amour à en attendre
Le gris se paralyse au loin, le noir s'émeut, le blanc s'agite
Plus aucune larme ne roule, la beauté se tait, le temps coule









