La confrérie des endurcis

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Je connus une tortue qui un jour me nargua :

Elle m’insultait puis se retirait dans sa carapace, ricanant.

Je connus un bloc de granit qui un jour me défia :

Il me pria de le fendre et me toisait, l’air triomphant

Je connus également une forteresse imprenable qui me dit :

Tente un assaut, teste mon aplomb et ma force

Je connus enfin un diamant éclatant qui me fit :

Érafle-moi si tu peux, essaie de rayer mon invincible écorce

De tout cela il n’y eut pas besoin :

Un vilain jour de tempête

La tortue, ensablée, suffoqua dans son antre

Le granit, ayant tombé de haut, se fendit comme plâtre

La forteresse, désertée, s’écroula car personne n’y revint

Le diamant fut rayé méchamment par un autre diamant

Chacun, et j’en fus triste, eut son compte réglé

Et rien ne lui fut plus inutile que sa solidité

Car tout ce qui est dur a des limites finies dans l'espace

Ceux qui dans la tempête

Étaient nus comme des vers

Et légers et immatériels et souples et ondulants et libres

Ceux-là n’ont fait que danser, tournoyer et doucement se poser sur le sol

Laissant passer les vents au lieu de vouloir les arrêter

Se laissant tremper par les averses au lieu de vouloir être imperméables

Séchant vite

Là est le secret de ceux qui n’ont ni bornes, ni peurs, ni besoin de filet :

La seule vraie force

Le grand Oui à tout

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Mis à jour ( Mardi, 25 Août 2009 16:44 )  
Auteur de cet article : Orthak