Elle l’aime, Lui la Bête, le Damné, le Maudit,
En dépit de toutes les convenances,
Malgré tous les interdits,
C’est à Lui, que sans cesse elle pense,
Car elle L’aime et Lui offre sa vie.
Cet amour n’est pas le fruit du hasard,
Il a grandit en elle, au fil des saisons,
Devenant plus fort encore chaque soir,
Quand les hommes revenant des moissons,
L’accusaient d’être la cause de leurs déboires.
Cet amour chaque jour se trouve renforcé,
Et se charge d’une infinie tendresse.
Mois après mois, année après année,
Cet amour la ronge et la blesse,
Mais elle L’aime sans jamais douter.
Il est accusé de tous les maux de cette terre.
Lorsqu’un innocent meurt, Il est désigné.
Il est accusé de déclencher les guerres,
Sans cesse Il est inlassablement pourchassé.
Alors elle pleure pour Lui dans ses prières.
Et Lui, la Bête, le Damné, le Maudit,
Lui l’Ange déchu, exilé aux Enfers,
Lui qui fut un jour chassé du Paradis,
Pour avoir oser douter des actions du Père,
Il sent l’amour de cette femme qui pleure pour Lui.
Il est ému par tant d’amour et de bonté,
Et Celui qui ne suscite que peur, haine et violence,
Connaît enfin le bonheur d’être aimé,
Mais un bref instant, car déjà les flammes dansent,
Et sur le bûcher se meure sa bien-aimée.
Elle l’aime, Lui la Bête, le Damné, le Maudit,
Et s’apprête à quitter cette terre,
Le cœur gonflé de l’amour qu’elle a pour Lui,
Car les Hommes ont décidé de brûler la sorcière,
Puisqu’ elle L’aime et que c’est interdit.
Lady Evil - 06/04/2007









