… Comme toujours, elle se tenait à l’entrée de la salle avec évidemment cet énorme et joli sourire qui illuminait son visage tout en couleurs. Evelyne orientait les invités, s’occupait de tous leurs désirs et elle le faisait toujours avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui ne laissait jamais les hôtes indifférents.
Evelyne était organisatrice de soirées, chaque soir elle rencontrait des personnes importantes, des personnes célèbres et elle même était devenue très connue et très aimée. Elle donnait du bonheur aux gens et en recevait aussi. Elle aimait ce qu’elle faisait, parce que c’était ce qu’elle avait toujours rêvé faire, ce qu’elle faisait la comblait au moins le temps d’une soirée.
Eve était très enviée. Tout le monde la croyait heureuse et beaucoup de personnes désiraient une vie comme la sienne. Mais personne n’avait vu Eve en dehors de ces soirées feutrées.
Eve n’était plus très jeune, elle était veuve et sa seule fille vivait loin à des milliers de Km d’elle. Eve vivait seule et le bonheur qu’elle avait pendant ces soirées s’envolait une fois qu’elle franchissait la porte de sa luxueuse maison. La solitude et la tristesse reprenaient possession d’elle.
Qui aurait pu imaginé que cette femme souffrait autant ?
Tout le monde la croyait heureuse, comblée et beaucoup l’enviaient, mais au fond ce n’était qu’un masque qu’elle portait comme beaucoup d’Hommes. Ce n’était qu’une façade qu’elle présentait aux autres parce qu’ils aimaient ça, et qu’il fallait qu’elle soit comme ça. Mais au fond, elle était triste et quand ces soirées bondées de monde et de paillettes se terminaient, son bonheur s’achevait aussi. Après, elle devait faire face à la solitude, à ses insatisfactions, à ses doutes, à ses peurs, aux souvenirs douloureux de cet amour éternel qui ne disparaissaient que le temps d’une soirée à sa grande déception.
Enfermée seule chez elle, tout ce qu’elle fuyait le temps d’une soirée, tout ce qui la hantait se présentait là bien en face d’elle et elle se rendait compte que quelque chose lui manquait.
Elle se rendait compte que malgré ses rêves accomplis, la richesse et la reconnaissance qu’elle avait, quelque chose d’essentielle lui manquait, une chose qui n’était sûrement pas matérielle.









