Le rendez vous se passa d'une manière très étrange: Dieudonné, l'accueillait dans un bureau enfumé, qui avait l'air de n'avoir jamais été aérée. Pascal se vit inviter à s'assoir dans un fauteuil pour le moins inconfortable et assez bas. Il avait l'impression d'être en dessous du niveau de la mer, représenter ici par le bureau. En fait cela devait faire partie de l'ambiance que voulait dégager le rédacteur en chef de ce site internet. Il aimait certainement dominer les gens, et ses parties de jambes en l'air s'en ressentaient. Il était un habitué de ces soirées ou l'on retrouve des grands patrons du Cac 40 se faisant fouetter par des nymphettes masqués un peu comme dans « eyes wild shut » de Kubrick. Ou des hommes politiques ou grands avocats qui aimaient infliger des sévices librement.
Il lui avait demandé d'apporter ses écrits , le rédacteur en chef les prit et les jeta sur son bureau avec un dédain qui ne plut pas du tout à Pascal. Il expliqua que le site « alternatives contemporaines » était une sorte de revue de presse avec un oeil africain porté à l'actualité. Il y avait des articles sur tout: cuisine,démocratie, cosmétique, Histoire ou encore environnement, sport et tourisme. Dieudonné recherchait une fraicheur apportée par un jeune bloggeur de préférence issue de l'immigration. La référence ne plaisait pas à Pascal mais s'il fallait par là pour pouvoir faire ce dont il avait envie il l'acceptait volontiers. Le cendrier se remplissait sur le bureau sans que Pascal ne pu ajouter autre chose que des « hum hum » et autre « ouais ». En rentrant chez lui, il se dit qu'il avait pas mal de pain sur la planche. Par ce qu'il ne savait pas quoi dire à propos de la hausse de la délinquance, dans les cités suite à la victoire de Chirac en 1995. Devant son écran, il se demanda quelle était le lien puis il eu comme un flash. L'abolition du service militaire. Étant donné qu'il était né en 1980 il ne l'a pas fait n'y même tenté d'y échapper, mais il connaissait des jeunes hommes qui avaient participé, ou qui redoutaient qu'on vienne les chercher chez eux avec gendarmes et un billet direct pour le mitard. Il se dit que tout bon journaliste se devait de faire des investigations avant d'écrire quoi que ce soit. Il appela Rachid. C'était le benjamin d'une famille franco-tunisienne dont l'ainé était chef d'entreprise. Cela voulait dire que bien sur toute la famille à plusieurs degré était employé d'une entreprise de pharmacologie
« Salut Rachid! » « Wesh comment ça va Pascal? » « Tranquille, j'te dérange pas au moins? Dis moi, ça te dit de passer vite fait à la maison j'ai 2/3 trucs à te demander »
Prés d'une heure plus tard ses potes arrivèrent chez Pascal. Il fallait savoir que lorsqu'on appelle une personne dans une cité il y a généralement 3 autres qui viennent avec lui. Pascal leur expliqua le pourquoi du comment puis leur demanda ce qu'avait été leur appel sous les drapeaux. Il y avait deux personnes qui avaient échappé de justesse à 10 mois de calvaire. L'un des deux autres, après avoir épuisé toutes les excuses, avait été envoyé dans le fin fond de l'Alsace pour quelques mois seulement. L'autre avait joué au chat et à la sourie pendant plus d'un an avec les autorités. Il ne fut sauvé que par l'arrivée de Jacques Chirac à l'Elysée.









