COPACUBANA

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41ºC. Ciel Sans Nuages, pas de Béatrices.

J'aime les femmes avec qui je puisse me vanter tout en sirotant un vin bon marché. Elles arrivent dans des wagons bourrés pleins à craquer suintant la sueur le parfum périmé, c'est Samedi, débouchent par centaines pêle-mêle Metro Arco Verde, il est onze heures, s'acheminent vers la plage un procission de corps à demi nus et moi je suis leur comité de réception. À chaque fois que le ciel s'entrouvre sur la banlieue, la scène se repète. Je surnage dans ma bavure. Du bistrot au coin de la Rue Rodolfo Dantas avec l'Avenue Barata Ribeiro je choisi déjá celle que j'aborderais une fois arrivée sur la plage, au bord de l'eau. J'suis fou de petites femmes humbles, de midinettes, je les appelle mes dinettes, je ne suis pas si mauvais. Elles sont comme ces oiseaux migrateurs les dinettes: viennent à Copacabana l'été et disparaissent pour le reste de l'année. Noireaudes, mulâtresses, fausses blondes. Je suis spécialiste sur les quinze à dix-neuf, l'équipe nationale brésilienne des jeunes, les moins de vingt ans. Dans les favelas on se fait le cul et la chatte tôt, les bas-fonds sonnent à la porte avant l'aube, les jeunettes deviennent femmes à forceps et avec un peu de veine, si elles échappent d'être enculées par leurs pères leurs parrains leurs beaux-pères leurs frères leurs parents adoptifs, elles deviendront des fidèles, des femmes de traficants. Le sexe dans les favelas?, ça colle à la peau comme une pelure. Je connais tout des dinettes, je les reconnais de loin les groupies de traficants et aussi de loin je les évite, ces fofolles tarées qui se mouillent rien que d'entrevoir une mitraillette. Je ne suis pas pédophile, ce sont elles qui sont gériatriphiles. Les vioques?, ça les excite. Elles s'entichent de moi sans papote ni promesses, couchent avec moi pour leur seul plaisir. Ce sont elles qui bandent, pas moi, si elles vont profiter de moi après?, pas question, lá, elles se foutent le doigt dans le cul jusqu'au coude. Non non non non. Quelles aillent se faire foutre. Tout au plus, le billet du retour, éventuellement, une petite culotte d'un Euro. J'suis un fauché moi, Fauché Kid x Gros Cul, c'est a qui se mouille le premier. Ça me dérange pas d'arracher soit une pétale soit toute la tige, quand on fait plus de trente ans, rien que de se tenir par la main avec une jeunette, c'est déjá un orgasme. J'arrive dans une cour oú les chiens n'aboyent pas, mon poste de plage face au Copacabana Palace. Quand il n'y avait pas de Metrô en Zone Sud, par ici il n'y avait que les putes et les pédales. Les gringos en raffolaient, ce morceau s'appellait La Bourse. Aujourd'hui, je le nomme le Bás-Midis, elles se sont emparées du tout les midinettes, les putes ont déménagé vers d'autres plages. D'aprés mes recherches, 60% viennent des bas-fonds, 38% de la Zone Nord et le reste vient des morros, les colinnes oú nichent les favelas. L'été commence et tout de suite il y a le bikini de l'été, la muse de l'été, la boisson de l'été, le tube de l'été enfin bref, laisse tomber, ma principauté c'est l'été de mes dinettes. Deux mulâtresses longues et maigrichonnes s'éffrayent avec les vagues et sautent, histériques, hors de l'eau. Leurs cris, amplifiés par le reste de ces dames, formant un choeur de voix fluettes qui hummmmm, me plait énormément. Les tatoueurs rappliquent. Le plus preneur c'est un bronzé, court sur pattes mais bombé, tous les muscles à fleur de peau, bandeau sur le crâne pour cacher son manque de cheveux et donc rajeunir sa façade et qui habite dans un HLM du coin. C'est facile, il suffit de dire que tu habites à Copacabana et le coup est joué, ça fait chic comme si tu était briqué. Avoir un apartement à Copa, ça la fout bien (Oncle Octave et sa soixantaine habitent dans le même coin mais comme le fric ne suffit qu'a louer un espace dans la chambre qu'il partage avec trois autres mecs, en plus, sur le lit du bas, il éssaye de s'endormir, question de ne plus jamais se réveiller. Quelque chose comme 32 appartements par étage et des fenêtres collées les unes aux autres. Pas d'habitants lá, que des survivants. Pas d'interphone non plus. J'attends pour traverser la rue, je regarde en haut, il y en à un qui se branle au premier, ça se voit à ses grimaces, ces paumés s'entassent sur quinze mètres carrés et se vengent sur leurs oiseaux, des cageots suspendus, rouillés, par dizaines. Le concièrge me dit de prendre l'ascenseur, le seul qui marche, descendre au séptième et monter le reste par les escaliers. Les boutons du dit ascenseur ne s'allument plus, la machine me lâche à n'importe quel étage. Un couloir énorme et sombre qui rallie le Bloc de l'enfer au Bloc du désespoir. Un tourne-poubelle me croise tout en me pissant dessus et rentre chez lui en obéissant aux cris de son maitre. Presque tous les appartements ont des grilles de fer rouillées aux portes, qui restent ouvertes pour faire un peu de courants d'air, en guise d'air conditionné. Des fringues suspendues aux plafonds, meubles en vernis ternis par le temps, éfigies de hoodoo éparpillées, les sacrossaintes télés. J'y vais de temps en temps. On m'a dit que ça fait belle lurette que c'est dans cet état, la merde, la poisse, la pisse. J'appelle un tacot, c'est la première fois qu'il accepte mon aide, ma famille à perdu presque tout, orgueuil a part.) Il y a les tatoueurs de plage, qui s'accharnent et sans rien demander posent tout de suite le stylo de henne sur les fesses de mes midinettes, mes midis. Le plus engagé gagne d'abord leur confiance pour ensuite s'agenouiller entre leurs cuisses, mains sur leur chatte. Ils préfèrent celles qui se dorent au soleil, couchées sur le dos, comme celle-la lá-bás pour leur tatouer la chatte. Ils le leur proposent à toutes, tout en les massageant entre les jambes, victimes?, non, elles en raffolent, et se mouillent tout de suite à 'être branlées de la sorte, sueur à l'appui. Ego massage. Le dinette remet son petit short, et main dans la main, serviette de bain secouée, elle et le plus engagé s'en vont, c'est pas qu'il aime les vilaines, mais c'est ce qui reste. La semaine dernière il s'est fait rosser mon concurrent. Il était en train de tatouer et masser une jeunette de quinze ans quand un mec s'arrête à ses côtés. Le galopin s'en est un peu douté mais continua de masser et tatouer. Comme le mec n'arrêtait pas de loucher le masseur, il se retourne et lui propose de le branler aussi: ça va mon frère, t'en veut une aussi? Et c'est le noir, après un tonnerre et les étoiles, bang dans la casserole. C´était le papa de la dinette. Un autre tatoueur, plus agé et donc plus tanné qui a tout vu s'écria: pédé, pédé. Je reconnais avoir eu un certain plaisir a voir la scène. À mes côtés, une petite aux cheveux frisés maison fait une pose à la camera digitale de sa copine (classique chez les midis), relève son ptit cul, lèvres boudeuses, genre manequin et clic, clic, clic. J'admire tant d'assurance. Leurs bikinis m'éxcitent, combien plus souillés, sales et fichus, plus ils me montrent ce qu'ils ne couvrent plus. Certaines sont des héritières: elles héritent du bikini de leurs mères. Et de leurs derrières, genre cros culs, j'en raffole. Grands, gras du genre dont ils n'éxistent nulle part ailleurs et qui semblent avoir été sculptés par un Michelangelo incompetent parce qu'ils sont striés et bourrés de cellulite. Les midis-beautés ne m'intérressent pas. Dans une ville comme Rio, il faut bien que quelq'un sache apprecier les vilaines.

 

 

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Mis à jour ( Samedi, 17 Septembre 2011 05:07 )  
Auteur de cet article : Hector Bisi