Les enquêtes de Gabriel Manet - Le change-forme

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Episode 1
Si je vous disais de but en blanc qui je suis et ce que je fais comme travail, vous ne me croiriez pas.
Je vais vous conter mes histoires mais attention, je sais bien que tout ce que vous lirez pourra vous sembler bien étrange voir impossible, mais réfléchissez bien, et si tout cela n’était que la vérité ? Ma vérité.

Tout a commencé en cette belle année du nouveau millénaire. L’an 2000 venait de commencer depuis quelques jours, et l’air glacial charriait les vapeurs de tous les souffles des passants.
Comme tous les soirs je rentrais à pieds de l’université, je n’ais jamais aimé prendre le métro et tous les transports en commun, je n’aime pas sentir tous ces corps près de moi, ces souffles chauds, ces odeurs. Il faut dire que j’ais un odorat plutôt développé et que ces moyens de transports favorisent la transpiration et les odeurs fortes et acides.
Ce soir là je marchais doucement observant les petits cristaux de glaces qui tombaient lentement autour de moi. Il neige rarement à gros flocons ici.
Au moment ou je regardais passer un oiseau au-dessus de la seine, je faillis lui rentrer dedans.
Il se tenait debout là à regarder appuyer sur le parapet comme s’il s’attendait à voir sortir quelque chose de l’eau.
Je m’arrêtais à temps pour ne pas le heurter.
-Et bien monsieur vous allez bien ? Un problème ?
Il ne me répondit pas. En fait, il ne me répondit jamais.
Et je ne comprenais pas pourquoi les gens me regardaient si bizarrement.
Alors que je regardais deux jeunes filles asiatiques qui passaient près de moi en me regardant de travers tout en chuchotant, je sentis un frisson bizarre. Je me retournais et il n’était plus là…
D’ailleurs l’odeur de poisson, que j’avais senti et que j’avais imputé à un coup de vent qui l’aurait remontée de la seine, avait disparue aussi.
C’est à ce moment là que je sentis sa main sur mon épaule.
-Gabriel, bonsoir mon enfant
Je me tournais et je vis cet homme, je ne pouvais pas définir son age avec certitude, mais je lui donnais entre 60 et 70 ans.
-Mon cher Gabriel, il faut que tu me suives j’ais des choses importantes à te dire.
-Mais comment me connaissais vous ?
-Les questions j’y répondrais plus tard pour l’instant vient avec moi.
Je le suivit sans vraiment ni savoir ni comprendre pourquoi mais j’avais confiance, je me sentais en sécurité avec cet homme.
Lorsque nous arrivâmes en bas de ce petit hôtel particulier du début du siècle dernier je me posais mille questions.
Il était resté silencieux tout le long de la promenade.
Il ouvrit le petit portillon en fer forgé qui grinça alors qu’il pivotait lourdement sur ses gonds.
-Allez Gabriel entre, les autres t’attendent à l’intérieur.
-Les autres ? Mais de quoi parlez-vous ?
Il me poussa doucement mais fermement avec le plat de sa main dans mon dos.
Je rentrais dans le jardin qui semblait presque à l’abandon.
Un lierre grimpait le long de la façade de la maison, il faisait ressortir les ouvertures de la vieille demeure.
Il me sembla voir un homme derrière une des fenêtres de l’étage.
Le vieil homme me dépassa et ouvrit la porte d’entrée.
De ces portes en bois lourd avec des petits carreaux de verres opaques.
Je m’attendais à l’entendre grincer comme dans les films d’angoisse. Mais il n’en fut rien, elle pivota tout en légèreté.
Je rentrais derrière lui, la demeure était richement décorée. Des tableaux pendaient aux murs du couloir. Je le suivais en direction d’une lumière qui filtrait d’une pièce au fond.
Dans ce couloir je ressentis plusieurs fois ce frisson.
Au fur et à mesure que nous nous approchions de cette pièce j’entendais murmurer plusieurs voix, il me semblait qu’ils devaient être une dizaine.
Lorsque nous entrâmes, je ne vis que 3 personnes.
-Mes amis, voici notre nouveau compagnon. C’est un chasseur lui aussi.
Je le regardais incrédule.
-Chasseur ? Excusez-moi mais je ne chasse pas, je n’ais jamais aimé faire de mal aux animaux.
L’étrange frisson me reprit. Et je les vis, tous….
Certains étaient assis sur le bureau de bois au fond, d’autres semblaient flotter dans les airs.
Je me mis à tourner sur moi-même en regardant de partout, je ne comprenais plus rien.
Le vieil homme m’attrapa par l’épaule et me stoppa net, je ressentit à nouveau cette force que j’avais senti plus tôt.
-Regarde le miroir Gabriel.
Et là je vis… Je vis mes yeux, rouge injecté de sang, non c’était encore plus que ça. Le rouge remplaçait la couleur blanche originale. En même temps je sentais ces odeurs de corps, de vieux vêtements poussiéreux.
Le frisson se fit à nouveau sentir, et nous n’étions plus que 5 dans la pièce.
Il flottait dans l’air uniquement l’odeur du feu de cheminée qui brûlait dans un angle et qui remplissait la pièce de sa douce chaleur.
Je regardais le vieil homme et je devais avoir certainement un visage décomposé pour qu’il prenne instantanément la parole.
-Gabriel, tu n’est pas comme les autres humains. Tu as un don, comme chacun de nous ici, et je ne parle que des vivants.
-Vivants ? m’entendis je répéter
-Oui Gabriel, ça peut te paraître étrange mais tu est capable de voir et d’interagir au-delà même de ce que tu pense être la réalité. Sache qu’en ce monde existe une autre réalité dans laquelle tu est capable d’aller et d’agir.
Tu as les dons du chasseur, c’est à dire que tu as les sens plus développés que la normale quand tu est dans ce monde là.
Moi, Caïus je suis un combattant, Anaïs que tu vois là est une enchanteresse, Clovis est un chasseur comme toi, et Eliane est aussi une combattante.
Nous travaillons pour une organisation secrète qui nous aide et nous finance.
Nos missions sont toujours en rapport avec les humains normaux, et souvent le but est de les protéger.
Mais je vais tout d’abord te laisse te détendre et dès demain nous commencerons les cours pour t’apprendre à utiliser et comprendre ta nouvelle condition. Quand je dis nouvelle, nous te surveillons depuis des mois maintenant, mais nous ne savions pas si tes pouvoirs allaient réellement se réveiller.

Et c’est ainsi que je devint Gabriel le chasseur…
Voici mes histoires.

Cela faisait 8 mois que j’avais intégré l’équipe et je n’avais toujours eu aucune mission. Mes collègues devaient gérer des problèmes de voisinages avec certaines créatures maléfiques ou tout un tas de choses diverses, et je ne pouvais rien faire, seulement m’entraîner et de temps en temps faire des recherches pour eux.
Je commençais à fatiguer de cette vie trop calme après tout j’étais un chasseur et je commençais à sentir cet instinct…
Clovis avait du découvrir l’antre d’un loup-garou la semaine précédente et j’avais tout tenté pour l’accompagner bien que je ne sache pas le but de sa mission. Mais je n’ais pas eu l’autorisation, et il était allé débusquer l’animal avec Eliane.
Ils devaient seulement négocier avec lui un départ pour un endroit plus calme car il avait tué dans ce quartier tous les animaux errants et les animaux apprivoisés qui dormaient dehors.
Les gens commençaient à penser à une bête sauvage mais ils étaient bien loin du compte.
Cette mission avait tourné à l’affrontement déjà certainement à cause des merveilleux talents de négociateurs de Clovis et d’Eliane mais aussi à cause du fait que tout le sang qui avait déjà coulé avait rendu fous le garou qui n’entendit pas raison, finalement mes deux amis finirent par le capturer durant la journée sous sa forme humaine et à l’enfermer de manière à ce qu’il ne puisse plus faire de mal autour de lui.

Jamais je n’aurais du les suivre ce jour là.
Ne sachant pas qui ils enfermaient, je me glissais après leur départ dans cette cave.
Le sarcophage en ciment était maintenu par de lourdes chaînes, et j’entendais cet homme appeler à l’aide tout en frappant sur le couvercle.
Mes amis avaient laissé des ouvertures pour que cet homme puisse respirer mais je me demandais comment il serait nourri.
J’avais pitié pour lui, j’utilisais mes nouvelles connaissances pour ouvrir les cadenas de ces chaînes et je les retirais lentement lorsque le couvercle sauta littéralement s’écrasant lourdement sur le côté.
C’était la première fois que je voyais un garou et je n’y étais pas préparé, surtout pas près à voir sa transformation, ses lambeaux de chairs qui explosaient sous la pression des poils qui poussaient et sous cette métamorphose qui semblait si douloureuse.
Lorsqu’il se leva d’un bond tout en hurlant et bavant accroupi sur le bord du sarcophage une main griffue appuyée sur l’angle, je sut que j’avais fait une belle erreur de jugement…

Les chasseurs n’ont pas normalement a affronter les créatures, mais heureusement notre formation nous donne toutes les connaissances qui pourraient s’avérer nécessaire.
De plus grâce à l’organisation nous avons un équipement qui semble près à parer à toutes les éventualités.

Je sortis donc le poignard en argent que j’avais dans un étui sous mon aisselle gauche et je me mis dans la même position que le loup près à bondir au moindre de ses mouvements.
Je me concentrais pour déclencher mon pouvoir comme Caïus me l’avait enseigné.
Je sentis ses muscles se contracter avant qu’il ne bondisse et je pus anticiper en me laissant rouler sur la droite. Je levais mon poignard en avant au-dessus de l’endroit ou je me trouvais quelques secondes auparavant.
Il s’y empala en atterrissant les griffes en avant ou ma tête était précédemment.
Je savais les dégâts de l’argent sur un garou mais je ne l’avais jamais vu…
La plaie sembla prendre feu, le sang coulait comme de l’acide, noir, lourd, visqueux.
Il tourna la tête vers moi et je vis dans ses yeux toute la haine qu’il pouvait me porter.
Il passa sa main griffue sur son torse et regarda son sang qui coulait à gros bouillon.
Il pencha la tête en arrière et hurla, son cri me glaça d’effroi.
J’étais paralysé, ce n’est que lorsque le cri se transforma en gargouillis que je pus reprendre mes esprits.
Le garou avait une flèche plantée dans la gorge, et à voir le brillant qu’elle avait ainsi que les flots de sang qui s’écoulait de chaque côté se cette blessure, je compris qu’elle était en argent pur.
Je regardais en direction de l’endroit d’où semblait provenir la flèche.
Eliane était là l’arc encore en main une autre flèche dans sa seconde main, prête à continuer ses tirs mortels.
-Gabriel, lentement essaye en suivant le mur de te rapprocher de moi.
Je me redressais lentement tout en gardant un œil sur le garou qui s’acharnait sur la flèche tentant par tous les moyens de la faire ressortir.
Son cri horrible avait laissé la place à un bruit tout aussi horrible à mi-chemin entre un bruit de succion et le bruit que fait une canalisation encombrée.
Je remarquais que son torse était poisseux du sang perdu quelques secondes auparavant, mais je ne voyais plus trace de la blessure qui l’avait fait couler.
J’entendis Clovis avant de le voir, il avait contourné le garou et se trouvait dans la cave de l’autre côté de celui ci par rapport à Eliane.
Il avait un poignard dans chaque main et je compris qu’il devait porter celui d’Eliane en plus du sien.
Il avait plusieurs années d’expérience de plus que moi, et ça se sentait.
Il courut vers le garou au moment ou celui ci venait d’agripper la flèche et commençait à tirer dessus pour la faire sortir.
Clovis n’avait pas exactement mes pouvoirs, lui pouvait se transposer d’une réalité à l’autre.
Il devenait alors comme flou dans notre propre réalité.
Lorsqu’il arrive proche de la bête il commença à devenir flou.
Les garous sont les seules créatures qui n’ont aucune existante dans l’autre réalité, et qui sont uniquement ancrés dans la notre.
Je vis les mains de Clovis devenir tangibles lorsque son corps traversa celui du garou, les deux poignards étaient aussi revenus dans notre réalité et la tête de l’animal se détacha de ses épaules dans un flot de sang noir épais.
Elle roula lentement en rebondissant vers moi et s’arrêta sur le cou tranché. La gueule dans ma direction, les yeux figés comme surpris.
Eliane ficha une flèche dans le cœur du garou alors que celui ci venait de se dissocier de sa tête.
Le corps sous l’impact pencha en avant et tomba sur le sol lourdement dans une mare de sang épaisse.

Ce jour là je compris que je ne devais pas me fier à mes impressions, et que je devais avoir confiance en mes amis.
Ce jour là aussi je vis une créature mourir sous mes yeux pour la première fois.

Malgré ce que j’avais déclenché ce jour là je reçus les félicitations de Caïus pour avoir su réagir à l’attaque du garou.
Il décida de me confier ma première mission officielle et je pus enfin prendre part au combat de mes amis.

Je devais mettre hors d’état de nuire un change-forme…
Ces bêtes étaient capables de prendre n’importe quelle apparence.
Mais mon avantage était que je pouvais voir leur forme originale grâce à mes pouvoirs, seulement je ne pouvais utiliser mes pouvoirs en public, la traque risquait d’être longue et difficile. Mais depuis le temps que je m’entraînais, ce n’était pas le moment de flancher.

Episode 2
Encore un de ces matins tristes de l’hiver.
De ceux qui vous font regretter la chaleur de l’âtre et le crépitement des flammes qui consument le bois lentement.
J’étais dehors à errer, je ne savais pas réellement où aller chercher cette créature.
Elle vivait le jour comme nous c’était déjà un avantage certain que je n’ais pas à vivre la nuit pour la traquer.
Par contre nous savions juste qu’elle était responsable de plusieurs meurtres bizarres mais aucune réelle idée ni de ses mobiles ni de ses futures victimes.

Clovis travaillait dans la police. C’était une pièce maitresse de notre équipe, grâce à lui nous pouvions avoir accès aux enquêtes en cours ainsi qu’aux preuves et autres pièces à conviction.
D’ailleurs je devais passer un concours quelques mois plus tard pour tenter d’intégrer moi aussi les services de polices.
De plus l’organisation qui ressemblait dans sa structure et ses pouvoirs à des services d’espionnages nous fournissait aussi de nombreux indices et renseignements.
Mais impossible de loger comme disait Clovis notre change-forme.
J’avais fait de nombreux croquis sur des cartes de paris indiquant les meurtres qu’on pensait pouvoir attribuer à la créature, mais je n’arrivais pas en reliant ses points à former un dessin, une figure géométrique ou n’importe quelle chose ayant une signification comme on le voyait toujours dans les films.

Après tout ce n’était pas un film.
Ce jour là je me baladais entre deux des points que nous avions déterminés.
Je regardais les gens qui passaient et me croisaient. Finalement on ne se réjouit jamais assez de ce que l’on a et on oublie parfois la chance que l’on a d’être insouciant et de pouvoir profiter de la vie. J’enviais tout particulièrement les amoureux qui se tenaient par le bras et riaient ensemble dans le froid matinal.
C’est en suivant du regard l’un de ces couples que je décidais de déclencher mon pouvoir plus par ennui et amusement qu’autre chose.

Et dans mon champ de vision je vis passer une forme si rapidement que je pensais l’avoir imaginée.
C’est lorsque je vis cet espèce de petit lutin qui ressemblait plus à un petit singe avec sa grande queue poilue que je compris que cette fugace vision était bien réelle.
Il me regardait et avait posé son postérieur sur le dossier d’un banc métallique.
Lorsque je fus proche de lui il me fit signe de ne plus bouger et m’adressa la parole :
-Tu es bien Gabriel c’est exact ?
-A qui ais je l’honneur ?
-Quel mot n’as-tu pas compris dans ma question jeune homme ?
-Mais enfin qui êtes vous ?
-Et bien il semble que Caïus est fait un bien mauvais travail d’éducation sur toi mon enfant.
-Mais… mais…
-Allez allez ne reste pas là bêtement d’autant plus que tu es le seul à me voir et que je ne pense pas que les gens autour de nous vont trouver poétique le fait que tu parle à un banc métallique…. Allez met moi sur ton épaule et je t’indiquerais le chemin.

Sans réfléchir plus et sachant qu’il avait parfaitement raison, je le pris doucement et le posait sur mon épaule. Puis je commençais à reprendre ma ballade.
-Mon nom est sans importance, sache que je suis un petit messager de l’organisation.
-Ernest c’est ça ? Tu es Ernest ! Mais Caïus m’avait parlé d’un fantastique combattant aux pouvoirs dévastateurs ?
-Il exagère tout le temps… Il va falloir que je lui en touche deux mots. Mon seul réel pouvoir est ma vitesse que tu as pu voir, qui est exceptionnellement élevée. Dis-moi Gabriel, je viens te prévenir qu’un nouveau meurtre a eu lieu à quelques pâtés de maisons d’ici, et que Clovis doit déjà être sur les lieux.
Il serait bien que tu t’y rendes aussi récolter les premiers indices et les premières constatations.
Il semble qu’encore une fois ce soit une prostituée. Ca me rappelle ce docteur maboule qui a sévit au bord de la tamise lorsque je travaillais à Londres. Comment l’avaient ils surnommés déjà ?
-L’éventreur ? Jack l’éventreur non ?
-Oui Jack c’est exact ! Quelle histoire… C’était un esprit, tu ne le savais pas n’est ce pas ?
Il était convaincu de travailler pour Dieu et de laver la ville de ses péchés… Un vrai malade je te dis… Heureusement il fut détruit par l’un des notre. Enfin bon rien à voir ici d’après les premiers indices puisque nous avons affaire à un change-forme.
-Comment en êtes vous aussi sur ?
-Bonne question mon garçon tu iras loin tu sais !
Parce qu’une caméra du quartier a filmé notre homme peu de temps après l’un des meurtres. Et que ton pouvoir n’est pas unique. L’un de nos hommes s’en est servit sur la vidéo et a put identifier notre agresseur, et comme tu le sais les change-formes ont un physique très particulier.
-Mon pouvoir marche sur de la vidéo ? (Je n’avais jamais imaginé l’étendu de celui-ci)
-Oui l’image lorsque elle est capturée dans notre réalité, l’est avec les choses de notre réalités…C’est comme si la caméra filmait plusieurs images superposées.
Ne t’est tu jamais demandé comment certains de vos congénères avaient réussi à photographier des esprits.
-Je croyais que c’était des faux ?
-Non c’est ce que nous faisons croire pour éviter une publicité qui nous desservirait…
Toujours est il que ce sont des distorsions qui font que l’image dans ta réalité imprime des choses de ma réalité au lieu que l’image soit différente dans chaque réalité c’est comme si elle fusionnait entre les différents espaces… Mais fort heureusement c’est rare et tes congénères ont plutôt tendance à ne croire que ce qu’ils peuvent voir, ce qui n’est pas le cas de ma réalité.
Enfin pour en terminer nous avons donc l’image de notre individu, mais malheureusement personne ne le connaît.
D’après certains indicateurs un groupe d’êtres de ma réalité est arrivé des Balkans.
Et il semblerait que notre homme en ai fait parti.
-Est-ce que le lieu du meurtre est encore loin ?
-Sois patient mon garçon, nous arrivons. Au fait Caïus aurait pu te fournir des lunettes de soleil pour les moments ou tu utilise tes pouvoirs sans discontinuer comme maintenant.
Le nombre de gens que nous croisons qui te regardent comme un fou ou un drogué… Il faut dire aussi qu’un gamin aux yeux rouges qui parle tout seul hahahaha quand j’en parlerais dans le service je sens que tu vas devenir notre nouvelle mascotte…
-Tu peux éviter de me parler comme si on se moquait de quelqu’un d’autre ?
-Tiens tourne donc à gauche là et suis la petite impasse. Clovis est au bout il t’attend.

Je ne sentis qu’une légère pression lorsque d’une impulsion il quitta mon épaule pour s’en aller et je ne parvins pas à suivre son image tellement il allait vite.
Je me retournais pour regarder à nouveau dans cette impasse.
Et si enfin notre homme avait fait un faux pas.

Episode 3
Lorsque je débouchais dans la cour au fond de l’impasse, j’eu un haut le cœur à la vue du sang.
Il y en avait littéralement partout. Sur le trottoir, sur les murs, sur certaines vitres aussi.
Comment un corps humain pouvait contenir autant de sang.
Je vis Clovis pendant que je me retenais de laisser mon déjeuner se mélanger avec le sang dans le caniveau.

-Gabriel je t’attendais, viens par là.

Il me présenta aux policiers présents sur place comme un jeune stagiaire envoyé par des amis de sa famille. Et auquel il souhaitait montrer les pires atrocités de son métier pour me dissuader de devenir moi aussi policier.

-Gabriel voilà notre victime me dit-il en indiquant des poubelles renversées dans le fond de la cour.

Je n’avais pas encore vu le corps ou plutôt les restes du corps. La femme gisait là dans son sang et dans les ordures mélangées. Le corps était démembré et déchiqueté, mais des restes de vêtements sur ses membres ne laissaient que peu de doute quand à son activité professionnelle. De plus Clovis me confirma que l’identification avait pu être faite grâce à la carte d’identité retrouvée dans son sac à main. C’était bien une prostitué qui n’était pas réellement habituée à venir dans ce quartier.

-Je te présente mademoiselle Elinia, sur notre territoire depuis bientôt 10 ans arrivée par des flux mafieux lorsqu’elle n’avait encore que 15 ans. Condamnée plusieurs fois et ayant obtenues des papiers légalement. Que dire de plus, elle semble avoir été attaquée par une bête féroce c’est le moins qu’on puisse dire. Personne n’a rien vu ni entendu, même ceux résidants au rez de chaussé de ces immeubles et ayant des litres de sang sur les vitres de leurs appartements.
-D’où venait elle lorsque elle est arrivée en France ?
-Heu et bien bonne question, exactement je ne me rappelle plus un pays d’Europe de l’Est quelquonque pourquoi ?
-Disons que peut être nous devrions aller marcher un peu.
-Les enfants je reviens dans 5 minutes notre ami a des problèmes pour retenir son petit déjeuner je vais le faire marcher un peu.

Nous reprîmes l’impasse en direction de l’avenue.

-Clovis je viens de penser à un truc que m’a dit Ernest.
-Je t’écoute attentivement.
-Et bien il m’a dit que le change forme était arrivé des Balkans et je me demandais si il ne pourrait pas y avoir un lien entre ses victimes et ses origines.
-Mais bon sang Gabriel comment n’y ais je pas pensé tout seul ! Toutes les prostitués venaient d’Europe de l’Est. Bon en même temps ce n’est hélas pas une rareté puisque c’est l’une des origines les plus courantes. C’est pour cela que je n’ais pas une seule seconde imaginé un lien à ce sujet !
Bon je fonce au bureau et je te récupère toutes les identités des victimes que tu puisses essayer de recouper ça avec les infos d’Ernest.
-Je vais rentrer pour commencer un peu à chercher des informations sur les Balkans à propos des créatures y vivant ou des traditions locales.
-Ok on se rejoint à la maison.

Je me retrouvais seul sur l’avenue. L’air frais qui circulait dans mes poumons semblait me purifier de l’intérieur, enlever les relents de poubelle qui me restait de ma vision d’horreur.
Mais bon sang quel monstre pouvait vouloir faire souffrir un être humain à ce point…
Je décidais d’aller faire un tour avant de rentrer histoire de laisser cette histoire murir dans ma tête.

-Bon sang mais que fait Gabriel !
Clovis tournait en rond dans le grand bureau. Caïus le regardait mi-amusé, mi-agacé par ses mouvements incessants.
- Assieds-toi Clovis, il ne devrait pas tarder. Tu te fais toujours trop de soucis pour les jeunes recrues. Mais il a subit le même entrainement que toi et il est prêt…
Va donc plutôt me préparer un thé chaud s’il te plait. La saison est glaciale et le feu ne me réchauffe plus ma vieille carcasse endolorie.
Clovis partit en ruminant vers la cuisine.

Lorsque j’entrais dans la vieille demeure, ma ballade n’avait pas été inutile.
J’entrevoyais plusieurs pistes à explorer. Pourquoi cet infâme individu avait il charcuté à ce point cette femme. Pourquoi les choisissait-il d’Europe de l’Est.
Bref comment relier cet homme à ces crimes.

J’entrais juste au moment ou j’entendais Clovis pester après cette « foutu bouilloire antique »
Je posais ma veste et m’engouffrais dans le couloir en direction du bureau de Caïus.
Il me regarda entrer un sourire sur les lèvres et un doigt sur la bouche pour me demander de ne pas faire de bruit, puis me fit signe d’aller m’asseoir dans un coin de la pièce, le regard malicieux.

Clovis entra avec un plateau sur lequel une tasse fumait et faillit tout laisser tomber quand il me vit dans le fauteuil.

-Mais vous voulez ma mort ou quoi à faire ce genre de surprises ! Gabriel espèce de jeune chiot ça fait des heures que je m’angoisse !
-N’exagère pas Clovis, il est tôt encore. Et j’avais besoin de faire le point sur cette affaire.
-Tiens voici tout ce que nous avons sur les 5 premiers meurtres.

Il m’indiqua une pile de documents posés sur une des tables du bureau. Il devait bien y avoir 40 centimètres d’épaisseur de dossiers.
Il dut voir la stupeur sur mon visage car il m’adressa un sourire en posant la tasse devant Caïus.

-Et petit tu ne crois pas tout de même que l’on chôme… Mais je te préviens nous avons des dizaines d’hommes qui travaillent là-dessus alors soit plus malins qu’eux.
-Je vais surtout essayer de trouver quelles pistes sont réellement utilisables dans ce à quoi j’ais pensé.
Episode 4
Je pris le temps de lire tous les documents. J’essayais de recouper les histoires de ces femmes.
De trouver d’où elles venaient, qui les avait emmenées en France, voir si cela pouvait être le lien.
J’eus la surprise de découvrir que 3 d’entre elles étaient venue seules de leur plein grès.
Plus je lisais ces documents et moins je trouvais des similitudes entre elles…
Je ne sais pas ce qui me prit de demander à Clovis de faire faire des analyses ADNs sur les restes de ces 5 femmes mais ce jour là j’ais surement eu l’éclair de lucidité qui nous manquait.
Lorsque les résultats arrivèrent Clovis y joignit un sixième dossier, profil similaire d’une prostitué trouvait morte quelques jours plus tôt.

- Dis-moi Gabriel, qu’est ce qui t’a fait penser à cette histoire d’ADN ?
-Pardon ? De quoi tu me parle ?
-Quoi ? Tu ne savais rien mais tu as tout de même demandé ces analyses ? Alors là c’est la première fois que je vois quelqu’un qui a une chance si grande.

Il se mit à rire, incrédule, et il étala sur la table les résultats des analyses ADN. En m’expliquant comment ils devaient être lus.

-Et tu vois ces similitudes dans chacune de ces analyses. Cela veut dire que ces femmes étaient parentes. Ho pas directement bien entendu, mais elles partagent des ancêtres communs. J’ais demandé à nos amis de l’organisation de me faire les arbres généalogiques des 5 premières victimes mais j’attends encore que ce soit finit.
-Donc cela pourrait être notre lien ?
-Disons que la probabilité d’un hasard est bien maigre au vu de ces éléments. Bien entendu pour le sixième corps, enfin les restes du sixième corps j’ais déjà demandé une analyse ADN. Et j’ais envoyé à l’organisation les informations d’identité de la victime.
Par contre ce que je ne comprends pas c’est comme ces femmes ont toutes finis prostitués…
A moins que ça ne fasse parti d’un ensemble que nous ne pourrions pas encore cerner…

Je trouvais effectivement que nous avions affaire à une espèce de puzzle pour lequel il me manquait des pièces, je ne comprenais encore pas tout. D’ailleurs le lien trouvait me paraissait bizarrement illogique. Je préférais imaginer que c’était parce qu’elles étaient prostitués que notre tueur les choisissait.

Les jours qui suivirent l’attente se fit longue et je tournais en rond. Clovis arriva une pochette sous le bras.
-Vous n’allez pas me croire.

Il jeta la pochette sur la table.

-Allez ouvre. Tu va voir c’est édifiant… Et cela ne me plait guère.

J’ouvris la pochette, elle contenait les arbres généalogiques de nos 6 victimes ainsi que des recherches faites par l’organisation.
Toutes les victimes semblaient descendre d’une femme.
La comtesse Dalienov.
Un document de l’organisation était joint avec ce nom dessus. Je le lus à haute voix pour que Caïus entende.

-La comtesse Dalienov était une infante démoniaque. Nul ne se rappelle si elle était une incubbe ou une succube ou même une autre sorte de démon. La seule chose qui reste est qu’elle fit tuer des centaines d’innocents et de vierges pour faire des rituels. Lors de sa destruction et du à son caractère immortel, il lui fut prélever 7 organes vitaux, et elle fut plongé dans une stase à l’intérieur d’un Bronze sculpté pour l’occasion.
Jusque là commentais je, ça ne semble pas réellement en rapport avec notre affaire…
-Lis la suite me dit Clovis le regard sombre. Il venait de s’allumer une cigarette et je vis que ses doigts tremblaient légèrement.
-Le rituel pour la ramener à la vie consiste à lui remettre en place les organes prélevés, de personnes ayant péchés abondamment et surtout de la propre descendance de la comtesse.

Mon front du se plisser car Caïus m’interrompit.

-Ne soit pas si soucieux Gabriel, il suffit de protéger cette statue et tout ce que tente de faire notre change-forme ne servira à rien
-Gabriel lis la suite s’il te plait. La voix de Clovis me parut presque trop calme et trop posée.
Je repris :
-Le bronze appartenait à un musée Allemand qui lors d’un prêt à un musée Russe a perdu dans le transport la caisse le contenant.
-Ce qui veut dire nota Clovis, que nous avons un fou décidé à réveiller une démone puissante et ayant à disposition le corps, presque tout les ingrédients et surtout les connaissances nécessaires.

Caïus se leva promptement ce qui me surprenait toujours vu son âge. Il s’avança vers la bibliothèque et pris un livre sur celle-ci.
Il le posa sur le bureau et l’ouvrit à l’index cherchant un mot ou un nom.
Il chercha ensuite la page concerné et me tendit l’ouvrage gravement.
L’image illustrant le nom de Dalienov représentait une femme magnifique qui se regardait dans un miroir, l’image renvoyée par le miroir représentait une femme au corps de serpents, couvert d’écailles et au buste féminin. Elle possédait deux bras humains et une paire de tentacules ainsi qu’une paire d’ailes diaphanes et nervurées comme celles des chauves-souris.
Caïus m’expliqua que cette illustration était censée représenter le vrai visage de la comtesse.

Clovis se tourna vers moi
-Gabriel on a un gros problème maintenant. Il faut empêcher ce type de ramener la comtesse à la vie. Coute que coute.
J’ais déjà mis en place des informateurs de partout savoir si une caisse suspecte aurait pu transiter à Paris récemment. Les douanes vérifient et j’attends quelques coups de fil.
-Mais que puis je faire en attendant ?
-Essaye de vois si il existe une spécificité physique aux descendantes de la comtesse.
Notre change-forme est capable de les repérer pour les assassiner, nous allons tenter de trouver la prochaine nous même…

Son téléphone sonna et le temps sembla figé.
Nous écoutions avec Caïus mais ne comprenions rien.

-La chasse est ouverte annonça t’il après avoir raccroché. Nous avons peut être localisé la caisse de la statue.

Episode 5
L’antre de la bête

Je suivit Clovis en courant, il mit le gyrophare et conduisit comme un beau diable dans les rues de la capitale.
Plusieurs fois je cru voir arriver notre fin quand nous frôlions des voitures aux carrefours et que nous passions au feu rouge comme des fous.
Lorsque nous étions à quelques pâtés de maison de l’adresse indiqué, Clovis me demanda de l’attendre le temps qu’il aille faire le point avec ses collègues qui devaient déjà être sur place.

Je sortis de la voiture et trouvait un banc dans un petit espace aménagé entouré d’arbustes. Je m’installais tranquillement et déclenchait mon pouvoir pour voir si je ne trouverais pas dans l’autre monde un peu d’activité qui me ferait passer le temps plus vite.

Lorsque la voiture de Clovis se gara à l’entrée du par cet qu’il sortit avec un air sombre je compris qu’un problème devait se présenter.

- Que se passe-t-il Clovis ?
-Le commissaire veut donner l’assaut à l’entrepôt… J’ais beau essayé de lui dire qu’un assaut effacera toutes les preuves il s’en contrefiche. Malheureusement l’organisation n’a pas pu faire venir un commissaire appartenant à notre ordre. Donc nous devons la jouer fine.
Il attend que notre homme sorte afin de vérifier qu’aucun otage n’est maintenu dans le bâtiment. C’est surement notre seule chance de trouver une manière d’intervenir avant qu’il ne donne l’assaut…. Quitte à ce que j’ais des problèmes ensuite.
-Et avec ton pouvoir tu ne peux pas rentrer dans le bâtiment ?
-Bien sur mais comment je fais si notre change forme prend une autre apparence que celle que je connais ?
-C’est là que tu as besoin de moi n’est ce pas ? Et bien il faut arriver à me faire pénétrer dans le bâtiment…
-Bon si je te laisse un peu, tu crois que tu peux rester par là sans faire de conneries ? Et surtout ne t’approche pas de l’entrepôt surtout pas avec tes yeux de drogué là…
-Heu ah oui pardon, ok je vais m’installer sur le banc là bas et puis je vais essayer de me reposer j’ais un peu de retard de sommeil depuis que j’épluche tout ces dossiers.
-Bon je reviens le plus vite possible, soit sage.

Clovis remonta dans sa voiture et démarra en trombe me laissant là seul debout au bord du trottoir, le regard dans le vide.
Je venais de voir cet immense dessin sur le mur. Je ne l’avais pas vu toute à l’heure peut être parce que je n’y avais pas prêté attention. Il ressemblait à une immense toile d’araignée qui semblait couvrir totalement le mur qui entourait ce qui semblait être une casse automobile.
Je m’en approchais doucement et la voiture qui arriva faillit me renverser.
Je tombais sur le derrière et le chauffeur pressé me gratifia d’un long coup de klaxon pendant qu’il s’éloignait en trombe.
Il me semblait qu’une énorme tache ressemblant à une araignée repliée était dans un coin du mur.
Je décidais avec prudence de me relever et de traverser la route.
Lorsque je fus sur le trottoir prêt du dessin ce que j’avais pris pour une araignée s’avéra en fait effectivement en être une. D’un type que je n’avais jamais vu. Elle brillait comme brille un diamant au travers duquel on regarde un rayon de soleil lumineux.

Elle déplia d’immenses pattes velues. Son corps devait bien être de la taille du torse de Clovis au moins. Lorsque les pattes furent dépliées, je vis la tête de la bête se tourner vers moi.
C’était une tête humaine qui me regarda en grimaçant.

-Alors tu me vois ? Je sais que tu me vois rien qu’à ton regard hébété et ta bouche ouverte. Tu te demande qui ou ce que je suis hein ? Tu es tout jeune, tu n’as pas encore finit ton éducation je me trompe ?

De la bave ou de la toile enfin quelque chose sortit de sa bouche qui se bloquait dans un rictus hideux quand il ne parlait pas. Je restais comme hypnotisé par cette vision d’horreur.

-Je crois que tu ne me parleras pas.

Il se mit à rire avec bruit. Le cliquetis de ses pattes qui se terminaient en crochets sur le mur me réveilla. Cette bête se déplaçait et semblait se rapprocher de moi.

-Ecoute moi jeune homme, tu n’a rien à faire ici et sincèrement je ne pense pas que tu ais réellement envie de m’affronter, je te propose donc de prendre tes petites jambes et de renter chez toi avant qu’il ne t’arrive des bricoles de toute manière d’autres de mes congénères sont positionnés tout autour de ce que tu cherche et tu n’es pas de taille à nous affronter.

-Ca y est je sais ce que vous êtes !
-Et bien il ne t’aura pas fallu plus de 5 minutes.

Lorsqu’il riait il semblait qu’on déroulait un fil sur une bobine rapidement.

-Vous êtes une araignée gardienne, vous protéger des endroits magiques contre les êtres magiques et vous êtes souvent utilisés dans les rituels complexes.
-Mais tu n’es pas si bête que tu en a l’air…
-Ce qui veut dire que vous avez laissé Clovis passer pour le piéger…. Vous allez tentés de le tuer lorsqu’il essayera de s’approcher de celui qui vous a mis là n’est ce pas.
-Tu es bien perspicace mon garçon.

La bête venait de poser une de ses pattes sur le trottoir au pied du mur.
Je commençais à me reculer doucement en faisant bien attention à ne pas trébucher dans le caniveau.
Son regard était fixé sur moi, et je sentais que maintenant je n’avais que peu de chance de pouvoir m’enfuir sans combattre. Je n’étais pas réellement un combattant mais j’avais la chance d’apprendre vite, je savais que si je réussissais à la frapper au visage je pouvais m’en sortir, mais il me fallait éviter ses pattes et ses crochets qui étaient acérées et longues comme des épées.

Je mis la main instinctivement sous mon aisselle et je sentis la garde rassurante de mon poignard. Je figeais mon regard dans le sien et je déclenchais mon pouvoir de chasseur.
Je vis le mouvement de sa patte pendant qu’elle s’approchait de moi et je l’esquivais avec facilité, tout en entaillant le crochet cartilagineux qui se trouvait au bout de celle-ci.
Je fis un roulé boulé en avant et je passais sous une autre des pattes de la bête qui frappa l’endroit que je venais de quitter.
Je me relevais sous l’abdomen de la bête, et je lançais mon bras décrivant un arc de cercle dans le but de frapper le visage de la bête, j’entendis le bruit du poignard s’enfonçant dans les chairs et le liquide chaud qui s’écoula sur ma main et sur mon bras.
Je retirais promptement le poignard et me faufilait entre les deux pattes les plus situées à l’arrière du monstre.
Celle-ci tenta avec ses deux pattes avant de m’empaler à l’emplacement que j’occupais sous son corps mais ses crochets s’enfoncèrent avec lourdeur dans son propre corps, ma vitesse m’ayant permis de me retrouver derrière la bête.
J’entendis son cri immonde et tellement humain, lorsqu’elle se rendit compte qu’elle venait de se retirer la vie elle-même.
La bête s’affala lourdement sur le sol, le sang bouillonnant s’écoulant et formant une flaque immense sur le trottoir.
Je regardais inquiet les alentours mais rien ne semblait bouger.

Il me fallait me reposer et attendre Clovis maintenant.
Episode 6
Les dernières barrières de protection
Lorsqu’il arriva son premier regard fut pour le corps sans vie de la bête sur le trottoir.
-Et bien Gabriel il semble que tu ne te sois pas ennuyé à ce que je vois…
-Ces bêtes étaient là pour toi…
-Ces bêtes ? Je n’en vois qu’une ?
-Oui les autres sont encore en position visiblement autour du hangar. Heureusement que leurs corps n’est visible que par ceux qui partagent nos pouvoirs et connaissent l’autre réalité. Imagine la peur pour les riverains.
Il partit à rire penchant la tête en arrière. C’est à ce moment là que mon pouvoir me permit de voir la trace qui venait d’apparaître sur le mur derrière lui.
-Clovis on a un problème je crois…
- Que se passe-t-il ?
-Elles arrivent, tu as du les attirer sans t’en rendre compte.
-Et bien attendons qu’elles prennent en partie corps dans notre réalité que je puisse les voir moi aussi. Tu sais bien que je ne peux rien leur faire pour l’instant…
Il devint flou indiquant qu’il venait de passer dans l’autre réalité.
Il sortit son poignard et se campa en direction du mur.
-Dit moi exactement où vont apparaître les premières bêtes.
Il me suffisait de voir où leurs pattes allaient toucher le trottoir pour lui dire.
Mais soudain le mur se couvrit de taches blanches
-Clovis je crois que nous avons un problème.
-Rassure moi dis moi juste que tu as oublié de ramasser ton poignard ?
-Non, disons que nous avons affaire à des dizaines de bêtes au mieux…
-Mais qui peut donc avoir les pouvoirs suffisants pour en invoquer autant ?
-Je n’en sais rien Clovis, mais celui qui veut finir le rituel semble bien avoir des moyens que l’on ne soupçonnait pas…Dans l’immédiat je pense que nous devrions contacter les autres et foncer au hangar…
-Grimpe en voiture, dépêche-toi !
Je sautai dans le véhicule et Clovis se remit au volant, la voiture se mettait en mouvement au moment même où la première araignée posait ses pattes avant sur le bitume.
Clovis décida de partir dans une direction opposée au hangar.
Il composa un numéro sur son portable et me le tendit.
-Tiens avise Caïus de la situation et demande lui des renforts et du support.
-Allo oui ? La voix au bout du fil était familière
-Caïus ? Gabriel et Clovis au rapport, nous avons un léger problème avec la tanière du change-formes. Quelqu’un ou quelque chose a protégé l’endroit avec une armée d’araignées gardiennes… J’en ai tué une mais nous venons de nous échapper des lieux car elles arrivaient en masse où nous nous trouvions.
-Une seconde Gabriel.
J’entendis la voix de Caïus qui épelait une série de chiffre dans le vide. Puis je l’entendis parler de manière étouffée, et je compris qu’il parlait dans un autre téléphone.
-Oui bonsoir, Caïus cellule Gecca (ndlr la cellule portait les initiales de ses membres). Nous avons logé le change forme responsable des meurtres dans Paris mais il semble que le secteur soit truffé d’araignée gardiennes liées entre elles et pouvant se déplacer librement au sein de ce secteur.
-
-Oui tout à fait, il semble que nos hommes ont tués une de ces bêtes mais qu’il en reste une grande quantité.
-
-Aucune idée de qui pourrait avoir le temps et les pouvoirs nécessaires…
-
-Oui entendu, quand arrivera-t-il ?
-
-J’en informe mes hommes.
-Gabriel ? Tu es toujours là ?
-Oui je suis là. Que se passe-t-il ?
-On nous envoie un enchanteur capable de les réexpédier dans leur dimension originale. Mais vous devrez pour ça les faire apparaître dans notre réalité et éviter de vous faire tuer…
Il sera chez vous dans quelques secondes. Bonne chance.
Au moment ou Caïus raccrochait, un homme apparu au milieu de la route.
Ses cheveux noirs entouraient un visage sombre et marqué, qui portait sur toute une moitié de celui-ci des tatouages étranges et mystérieux.
Clovis mis un coup de frein, bloquant net le véhicule devant l’inconnu.
-Itsar pour vous servir messieurs. Je vous pris de m’accompagner voir nos araignées gardiennes. Il fit un léger mouvement de l’index et il se retrouva sur la banquette arrière de la voiture attendant que nous lui indiquions l’endroit où se situaient les bêtes.
Je tendis l’index en direction du cadavre et des autres bêtes.
-Les voilà, et il semble qu’en plus leur nombre ne cesse d’augmenter…
-Enfin un problème à la mesure de mes talents. Prenez ceci.
Il me tendit un morceau de parchemin et me demanda de le lire à haute voix quand il commencerait.
Il commença son incantation et j’essayais de suive celle ci afin de découvrir quand il souhaitait, que j’intervienne.
Clovis manœuvrait et faisait des dérapages autour du mur servant de porte d’entrée aux araignées dans notre réalité.
J’entendis la phrase m’indiquant que je devais lire moi aussi, et je le fis avec mon cœur et mes tripes.
Itsar se mit à dégager une aura bleutée, et à chaque fois que nous passions devant le mur son index comme viseur il pointait une araignée qui se trouvait touchée par un éclair blanc qui semblait sortir de son doigt, et la bête disparaissait sans un bruit.
Lorsque plus aucune bête ne sembla arriver, Clovis arrêta le véhicule.
Itsar était assis sur la banquette arrière, il ne semblait plus faire de bruit.
Je me penchais vers lui et pris de panique je luis pris son pouls. Il était encore vivant mais semblait totalement épuisé de cette expérience. Il ne nous servirait plus.
Clovis se pencha vers moi, ouvrit la boite à gants et me tendis un plan des égouts.
-Gabriel tu va devoir m’écouter attentivement. Voici comment tu va pénétrer dans le bâtiment.
J’écoutais attentivement tous les conseils de Clovis, il devait m’attendre à l’intérieur près de la sortie que je devrais emprunter.
Il ouvrit le coffre, en tira de la corde, un sac à dos léger, une lampe torche et du matériel servant en spéléologie.
Je m’équipais donc, et sur les conseils de Clovis j’ouvrir la bouche d’égout dont il m’avait parlé.
Je descendais sous la rue avec appréhension, et j’entendis la bouche se remettre en place, Clovis ne souhaitant pas que ses collègues puissent découvrir ce genre d’indices proches des lieux d’habitation d’un tueur en série présumé.
Je me guidais grâce au plan et à la lampe torche que j’avais sur le front.
Et lorsqu’enfin j’arrivait en vue du dernier croisement indiqué, mon cœur battait la chamade, j’étais tout à la fois excité à l’idée de découvrir ce qui m’attendait là bas…
Je vérifiais que rien ne semblait roder ici ni attendre que j’arrive pour se déclencher.
Et je commençais à monter les échelons métalliques deux par deux, en essayant de faire le moins de bruit possible.
Ca y était, j’allais entrer dans le bâtiment.
Episode 7
La sombre vérité

Je poussais la lourde plaque métallique qui bouchait l’entrée.
Et je jetais un regard rapide alentour, rien ne semblait bouger. J’activais mon pouvoir et tentait un nouveau tour de l’immense pièce.
Vide, rien ni personne ne semblait habiter ici, cet entrepôt ressemblait à un garage depuis longtemps abandonné. Les carcasses de voiture qui restaient dans ressemblaient à des squelettes qu’une quelconque charogne aurait laissé là à l’abandon après en avoir ôté la moindre parcelle de chair. Des pièces étaient jetés en vrac de ci de là, des vieux pneus étaient empilés dans un coin, mais rien ne laissait penser qu’une monstruosité comme le change forme que nous poursuivions pouvait loger ici…

Clovis n’était pas là non plus, je commençais à me demander s’il n’avait pas rencontré quelque difficulté pour arriver à pénétrer le bâtiment.
C’est lorsque je le vis arriver l’air inquiet depuis une petite porte sur le côté de la pièce.

-Gabriel grimpe vite, on a un problème je crois… Notre homme est introuvable, à croire que c’était une fausse piste.
-Je ne crois pas que ce soit une fausse piste… regarde tes chaussures….

Quand Clovis baissa les yeux je lus du dégout et de l’horreur, même pour lui qui devait être habitué, du moins dans mon esprit son travail devait l’avoir habitué à ce genre de chose.
Ses chaussures étaient couvertes de sang, l’entrepôt plongé dans le noir, Clovis avait vraisemblablement marché dans quelque chose d’inattendu dans un ancien garage.
J’étais sur le point d’allumer ma lampe torche lorsque Clovis m’arrêta.

-N’oublie pas la bande d’énervés qui n’attend qu’un signe de vie à l’intérieur pour débarquer ici l’arme au poing…Encore heureux que ce mou de commissaire ne connaissait pas cette entrée par les égouts. Bon viens avec moi on va faire sans lumière…

Je suivais Clovis et lorsque je rentrais dans la petite pièce une forte odeur titilla mes narines.
Clovis me montra des bouteilles de produits détergents sur une étagère.

-L’odeur vient de là ce qui explique que l’odeur du sang m’ais échappé…

Il tendit l’index pour me montrer une flaque devant un établi. Celle-ci semblait avoir été faite par quelque chose qui avait stagné sur place quelques secondes, des gouttelettes étaient éparpillées autour, certaines semblant aller sous l’établis.
Clovis s’en approcha et remarque tout de suite la trappe en bois qui été posée contre le mur, il tendit la main et la fit glisser sur le côté dévoilant un trou carré d’environ 1m de côté pouvant permettre largement le passage d’un homme.

-Et bien le commissaire sera surpris lorsqu’il se rendra compte que ce bâtiment n’est qu’un attrape nigaud.
- Crois-tu que ce trou donne sur l’extérieur ?
-Bonne question Gabriel mais je ne pense pas je ne vois pas la lumière de la lune, le trou est trop sombre pour donner sur l’extérieur.
Ton pouvoir est activé, regarde si tu aperçois quelque chose ?

Je regardais dans l’orifice et ce que j’y vis m’horrifia.
Un homme était assis sur une table qui ressemblait à une table d’opération si on faisait abstraction des sangles qui pendaient aux quatre extrémités et qui semblaient faites pour les bras et les jambes. Il avait les jambes qui pendaient dans le vide et semblait jouer avec comme le font les enfants qui s’ennuient sur une balançoire attendant la poussée qui les fera décoller.
Je le voyais de dos mais grâce à mon pouvoir sa véritable identité ne faisait aucun doute j’avais en face de moi l’homme ou du moins le change-formes que nous cherchions.
Il semblait ne pas nous avoir entendus. Je regardais autour de lui il semblait avoir le visage tourné vers ce qui ressemblait à un sarcophage debout contre le mur, il était ouvert et vide, du sang souillait le fond et le contour de celui-ci.
La lumière de la pièce semblait vivante et vacillante, mais elle était suffisante pour voir que le sol était plein de sang, les murs avaient des empreintes de mains et des traces.
Mais il ne semblait y avoir personne d’autre que notre homme. A voix basse je fis mon rapport à Clovis.
Il se dématérialisa pour passer dans l’autre monde et se faufila dans le trou.
Je le suivais avec prudence, mais notre homme dodelinait de la tête comme si il était drogué ou dans un état second, et il ne semblait pas nous avoir vu.
Une fois dans la pièce mes premières analyses se confirmèrent, nous n’étions que trois dans cet endroit, mais une porte semblait être la voie de sortie de cette pièce tout à fait sur notre gauche, sur une portion de mur que je ne pouvais voir depuis l’autre côté.
Clovis mis son index sur ses lèvres pour m’indiquer de faire le moins de bruit possible.
Il s’avança du change forme et sortit son poignard.
Je portais la main au mien près à intervenir et je fis le tour de la table de l’autre côté pendant que Clovis faisait le même mouvement.
Nous nous trouvâmes en face de notre homme en même temps et comprimes qu’il ne ferait dorénavant plus de mal à personne…
Un trou en plein milieu du front d’où coulait du sang et une substance blanchâtre indiquait que notre individu venait de subir une lobotomie et ne nous aiderait surement pas à retrouver la comtesse ni à nous donner des indices sur toute cette affaire.

Le change forme me regarda et pencha la tête à gauche comme pour me voir sous un autre angle. Sa bouche se tordit en un sourire carnassier et il me fit un clin d’œil.
C’est à cet instant que sa main partit en direction de mon cœur.
J’esquivais par un prompt pas de côté et mis en avant mon poignard protégeant mon visage.

Clovis venait de tenter un coup mais le change forme avait esquivé celui-ci avec la facilité déconcertante d’une mouche évitant les mouvements humains.
Le change forme venait en un mouvement de se retrouver debout sur la table d’opération.
Ses doigts griffus comportaient dix ongles qui représentaient dix possibilités de blessures importantes.
Autant il avait l’air complètement déconnecté de ce qui se passait autant il semblait posséder un instinct de tueur qui nous demandait de bien faire attention à ses mouvements.
Clovis me fit signe de tenter de contourner notre ennemi pendant qu’il le distrayait.
Je commençais à me décaler quand le change forme se mit en mouvement, il semblait faire des mouvements totalement sporadiques et incontrôlés et pourtant chacun de ces mouvements était une tentative de nous toucher ou servant à protéger une partie de son corps.
Je tentais à plusieurs reprises de le toucher mais ma lame ne rencontrait que l’air.

Clovis analysait ses mouvements je le savais, il tentait de voir si notre homme laissait une porte ouverte à nos attaques.
Et je fus tout aussi surpris que notre ennemi lorsque Clovis fit exploser une grenade flash devant lui.
Le change forme et moi-même nous fumes aveuglés et immobiles quelques secondes, le temps pour Clovis de planter son poignard dans le cou du change forme, décrivant un mouvement vers la poitrine de celui-ci, il sectionna la jugulaire gauche de notre homme qui se vida de son sang par spasmes réguliers au rythme de son cœur mourant.

Il tomba lourdement en avant et le sang se répandit rapidement autour de lui, Clovis me fit signe de prendre des documents qui étaient posés sur une table d’angle et se dirigea vers la porte.
Il l’ouvrit d’un coup violent et nous nous retrouvâmes dans un couloir qui s’enfonçait sous le sol, au fur et à mesure que nous avancions des bruits venant de devant nous nous firent nous remettre en garde.
Nous débouchâmes dans une pièce qui devait être la chaufferie d’un autre entrepôt. La chaudière marchait et faisait un bruit qui couvrait totalement nos pas.
La porte de sortie était ouverte et nous arrivâmes dans un entrepôt ou tournait d’énormes rotatrices qui imprimaient des documents.
Le papier s’accumulait par terre en fin de chaine en un ensemble totalement chaotique et froissé.
Personne ne semblait travailler ici.

Clovis me montre des immenses trainées de sang sur certains appareils et nous vîmes rapidement les corps à qui ce sang appartenait.

Nous sortîmes rapidement de peur de rencontrer le commissaire et ses hommes.
Nous avions perdus la comtesse dans la nature et le change forme était mort…

Nous avions commencé une mission plutôt facile qui se terminait en fiasco total.
Caïus nous réconforta et nous changea les idées mais nous savions que la comtesse ne laisserait certainement pas tranquille les meurtriers de celui qui l’avait ramenée à la vie.

Et nous ne nous trompions pas…
Mais ceci est une autre histoire.







Commentaires (1)add comment

AliceCullen a écrit:

smilies/cry.gif J'ai juste besoin d'information car je me suis inscrite il n'y à pas très longtemps don...
Voilà: y a-t-il une limite pour les texte, surtout dans les nouvelles ou les romans?
Merci d'avance.
 
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juillet 06, 2009
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Auteur de cet article : lonewolf

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